jeudi 29 janvier 2015

Maternité, estime de soi et lâcher-prise.


"Mater Dolorosa", (Murillo 1668/70)


J'ai lu un billet bien écrit et intéressant sur un sujet qui nous touche toutes, par La Mite Orange, intitulé "est-ce que devenir mère constitue une entrave?"

Personnellement je me sens plus libérée du regard de la société, assez cool et assurée sur ma façon d'être mère et femme, que l'auteur du blog (même si je suis passée par des phases plus ou moins fortes de prise de chou sur ce thème, notamment à la fin de mes grossesses qui m'ont réellement tapé sur le système -on est des nanas ou on n'est pas vraiment des nanas?-)

Je crois que les pseudo "entraves" sont surtout celles qu'on se met toute seule dans la tête...
Et quand je lis des billets comme celui ci, ça me fait un peu de peine, de voir tout ce que les femmes se mettent sur le dos.
Moi, j'ai surtout envie de dire aux mères:




Lâchez vous! Ignorez le soi-disant avis des autres/de la société sur vous, sur votre façon de faire, sur votre apparence physique, sur votre nombril... Ces espèces de compétitions entre femmes, ces concepts de Mères Parfaites Vs Mauvaises Mères (qui ne valent rien car elles n'existent pas, ni d'un côté ni de l'autre)...
Vous savez pourquoi? Parce qu'au fond elle s'en fout de vous, la société! Si si! (à part éventuellement pour vous faire consommer)

Je ne suis même pas sûre que les gens aient tellement un avis sur vous, parce que, au fond, et sans vouloir vous insulter, vous n'êtes qu'une petite vie parmi des milliards, quelque chose d'assez insignifiant à l'échelle de l'humanité, sans parler de celle de l'univers: à peine une bougie dans le vent.

Vous êtes grosse? Vous êtes maigre? Vous n'êtes pas top-model? Vous n'êtes pas wonder-woman? Vous n'arrivez pas à être à la fois avocate sexy en Alexis Mabille- envoyée spéciale au Pérou- mère de famille nombreuse dans un coquet pavillon bourgeois au Vésinay- yogi/surfeuse de compet'/globe-trotter- propriétaire d'un exquis loft dans le Sentier aperçu dans le Côté Paris de mars 2011 pour son étonnant parti-pris destructuré/déconstructiviste basé sur les couleurs primaires adaptées aux meubles Louis XV revisités en plexi de chez Kartell sur une idée originale de Sarah Lavoine- scénariste à succès à New-York- bombe sexuelle- vieille- jeune- célibataire libre comme l'air- épouse épanouie- grand écrivain à succès- fêtarde entourée d'amis et croulant sous les invitations- en congé parental- peinarde dans votre chaumière a cultiver vos poireaux en silence au bord de l'océan indien sans un seul con pour venir vous emmerder dans les 10 kilomètres à la ronde?

Vous avez l'impression d'être seule au monde à devoir faire des choix, voire des sacrifices (attention, ce mot est tabou en 2015, il faut le savoir... pourtant il définit une notion qui existe, et que tout parent connait), alors que toutes les autres femmes donnent l'impression de tout gérer simultanément, correctement et proprement?
C'est normal, VOUS êtes normale; attention SCOOP: vous n'avez pas mille vies, mais une seule!
On est toutes dans la même galère: faire avec ce qu'on a, dans le corps qu'on a, et la vie qu'on a, là où on vit. Point.

Alors inutile de vous excuser ou de vous gâcher la vie, et perdre un temps fou à vous auto-névroser en lisant toute la nuit des bouquins de développement personnel ou de nombrilisme psy qui n'ont jamais développé personne à part le compte en banque de leur auteur et éditeur: vos voisins et votre entourage sont déjà au courant de tous vos défauts, de toutes façons, et ça ne les empêche pas de vivre, EUX.

Si vous rechignez à vous faire plaisir, si vous ne vous mettez pas en maillot de bain au bord de la piscine maintenant pour plonger dans cette eau turquoise à 29 °qui vous fait de l'œil et dont le tendre clapotis, ajouté à l'odeur de la crème solaire, vous susurre à l'oreille "viiiiens, ma sirène, tou es belle comme oune soleil, ma on s'en fout dé tes bourrelets, tou va voir comme mes vaguélettes vont te faire du bien, ti volio bene!" , juste parce qu'il y a un inconnu à 23.50 mètres de là, de 3/4 dos, et qu'il risquerait éventuellement peut-être d'émettre un potentiel avis négatif au conseil de l'ONU sur votre apparence physique, assorti d'une sanction financière contre votre pays, voire d'un veto inter-planétaire, c'est surtout vous-même qui vous "entravez" toute seule, (et ce n'est pas à 90 ans, si vous avez la chance de ne pas décéder avant dans un attentat, une fois -enfin- perdus vos kilos en trop, et finie de cuire votre confiture de sentiments assaisonnée à la poudre d'angoisse et saupoudrée de doutes (la cuisson est, c'est vraie, assez longue), que vous le ferez.
 
Vivez votre vie, cultivez votre jardin, élevez vos enfants sans chercher de reconnaissance dans le regard de tous ces inconnus qui soit disant vous harcèlent dans votre imaginaire avec leurs injonctions et à qui vous donnez , paradoxalement, bien trop d'importance, ayez confiance en vous: quelqu'un qui dégage de la sérénité et de l'estime de soi ne peut qu'attirer les gens positifs!

Pour le reste, une fois que vous aurez compris que votre toute petite vie va passer a une allure folle, et que rien ne sert de perdre trop de temps à se flageller le nombril, eh bien, vous pourrez enfin prendre la décision qui s'impose: "vivons heureux en attendant la mort"
Allez, la vie c'est maintenant. Plus trop le temps de se lamenter. C 'est un fait, globalement, à part quelques proches, ceux qui vous aiment et qui prendront peut-être la peine, théoriquement, de se déplacer à votre enterrement (pour moi, les seules personnes dont l'avis sur moi est digne d'être écouté), l'humanité se fout royalement des choix qu'on fait dans notre vie privée, dans les rayons-bébé du supermarché, de savoir si on était parfaitement épilée le jour de notre accouchement, si on a allaité ou pas, ou si on mange 5 fruits et légumes frais par jour ou si nos enfants sont élevés dans un univers design avec reproduction du fauteuil à bascule Eames obligatoire (négligemment recouvert de la petite peau de mouton qui va bien, pour faire original) -et elle a bien raison, l'humanité, elle a une terre à faire tourner-.

Alors, on se le fait ce petit plongeon?



Bisous! On vous aime!
(et de rien pour le tact. C'est gratuit)

C'étaient les conseils psy-cash de Marine, d'Une Chambre à Moi. Pour une consultation plus personnalisée, me laisser un commentaire ou me contacter.


8 commentaires:

  1. Merci de ce billet qui me "libère" encore un peu plus

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  2. Bien d'accord: si les autres se foutent autant de ma vie que moi de la leur, alors il n'y a aucune raison de s'auto-censurer ou de s'auto-critiquer. Chacun fait comme il peut et merde aux donneurs de leçon!

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    1. Voilà! Le jour où on découvre qu'on n'est, bizarrement , pas au centre des préoccupations du reste de l'univers (qui a sa propre vie a faire), ça fait un petit coup à l'égo, mais ça détend, en même temps...

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  3. Je suis d'accord avec toi. Avec tout. Seulement c'est pas toujours si simple selon les blessures qu'on traine depuis l'enfance.
    c'est comme si on avait besoin d'être parfaite pour être aimé.
    Hey ! j'ai une copie du eames à bascule avec une peau de mouton dessus ! :) (merde)

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    1. J'en rêve depuis un moment et je vais sûrement me l'acheter un de ces jours, de cette foutue copie du Eames ;-)

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  4. Comme tu as raison !!! Moi depuis que j'ai des enfants j'essaie de suivre ce crédo et de leur transmettre aussi. Assez de se mettre des barrières pour X ou Y raisons qui ne nous concernent pas directement. j'aime cette robe, je me sens bien dedans, ça ne pique pas les yeux de mon amoureux ni les miens : hop adoptée même si mes "gros" bras sont de sortis ! Zut alors !!!! Du moment qu'on se sent bien, qu'on a confiance en soi moi franchement ce que pensent les autres (qui ne me connaissent pas) je m'en fiche !
    Milles mercis pour cet article !

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  5. Comme Myzotte, il y a la théorie et la pratique... Et on part tou(te)s avec nos casseroles!
    Mais dans le fond tu as raison, c'est mieux si on fait comme on veut en se fichant du regard des autres!

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