vendredi 5 juin 2015

Femmes: Peut-on tout avoir?


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Peut-on tout avoir?

Peut-on être comme les hommes?
Peut-on se présenter à un entretien d'embauche, 30 ans, sans enfants, sans risquer d'entendre "et les enfants, c'est pour quand?" (Et si on a des enfants, "et j'espère que vous n'en voulez pas d'autre!")
Peut-on être carriériste et suivre son mari en province ou à l'étranger au gré de ses missions? Peut-on ne pas avoir d'horloge biologique? Peut-on être féministe? Quel est le moins mauvais moment pour faire un bébé? Doit-on congeler ses ovocytes?





Doit-on ressembler à la femme des magazines féminins? Travailler dans le secteur tertiaire, s'éclater derrière son PC toute la journée, être toujours débordée (le terme à la mode est "burn-out"), avoir un bel appartement dans Paris, partir en vacances en août, avec plein de dossiers super importants sous le bras, les stilettos qui flanchent, un bébé sur la taille, une oreille vissée au blackberry, n'avoir besoin de personne, être un peu glamour, apprécier son célibat, très bien vivre son divorce (une "li-bé-ra-tion"!), parfaitement gérer sa famille recomposée, avoir beaucoup d'enfants, beaucoup de travail, être disponible pour les devoirs et pendant les vacances scolaires, être toujours OK pour un déplacement professionnel à Shanghai ou à Limoges, se bourrer la gueule tous les vendredi soirs avec ses copines pendant que les enfants sont en garde partagée, et avoir un smokey eyes naturel le lendemain au réveil?

Doit-on être une femme exceptionnelle? Une pilote de chasse, une grande reporter, une cardiologue réputée?
Doit-on faire honneur à la cause des femmes?
Doit-on faire plaisir? Doit-on faire les choix pour soi?
Doit-on se justifier, auprès de la vieille tante soixante-huitarde qui a brulé son soutien-gorge, de notre choix de nous occuper de nos enfants, d'avoir choisi un emploi à mi-temps, pas très bien payé, pour voir grandir ses enfants, de vouloir "garder" ce fœtus qui arrive au "mauvais moment", alors que des femmes se sont battues pour qu'on puisse s'en débarrasser?

Peut-on faire confiance? Peut-on avoir la foi? Peut-on croire au couple? Doit-on avoir une vie à la mode? Doit-on faire les choses pour soi, ou pour la "reconnaissance"? Doit-on réussir, ou exister?

Peut-on vouloir un enfant supplémentaire, et imaginer que son mari sera plus présent qu'avec un seul enfant, plus compréhensif, plus dans le soutien? Peut-on vouloir un mari plus disponible, mais en même temps qui gagne plus d'argent?
Doit-on être lucide? doit-on être romantique? Doit-on rêver de l'homme idéal?
Ou doit-on apprendre, au fur et à mesure que les enfants naissent, à ne pas se reposer sur lui, à se débrouiller seule? peut-on tout vouloir de notre homme? Lui demander d'être là, lui reprocher ses déplacements professionnels ou ses horaires de travail, attendre de lui, non pas de nous "aider", mais de participer à 50/50, mais attendre aussi de lui qu'il assure au boulot, qu'il évolue bien, qu'il nous offre un joli diamant à Noël?

Peut-on ne pas réussir à avoir des enfants?
Et peut-on ne pas vouloir d'enfants? Ne pas vouloir de mari? sans avoir cette impression qu'on sera obligée de le payer un jour, sans ces "tu vas le regretter", "tu ne seras pas jeune éternellement", ou "tu feras peur aux hommes"...

Peut-on partir en week-end improvisé avec des copines, en laissant les enfants à leur père, tout aussi facilement que les hommes réussissent à le faire? Doit-on leur en vouloir de moins culpabiliser que nous? Doit-on s'inspirer de l'équilibre qu'ils arrivent parfois à mieux trouver que nous?
Peut-on penser plus à nous, comme les hommes savent le faire? Sommes nous dans l'auto-censure, la contrainte volontaire, la fusion naturelle avec notre bébé?
Doit-on faire des choix pour privilégier son couple? Doit-on faire des concessions? Donner à quelqu'un d'autre que soi, c'est être plus heureux, ou perdre quelque chose?
Doit-on trouver son bonheur par soi-même, ou tout attendre de l'homme qui partage notre vie? Doit-il deviner nos difficultés, nous comprendre au moindre coup-d'oeil? Doit-on quitter un homme pas parfait? Doit-on tout attendre du couple?

Avons-nous envie d'avoir la vie d'un homme? Ou apprécions-nous, malgré ses contraintes, la vie de femme, de mère?
A quel âge prenons-nous conscience de nos réelles différences avec les hommes? Après le bac? A la sortie des études? En recherchant notre premier emploi? En ayant notre premier enfant?
Les pauses "forcées" par les grossesses, maternité, allaitement, congés parentaux.. sont-elles des sacrifices? ou bien des opportunités magiques de vivre, faire le bilan, arrêter le rythme effréné que la société nous impose pour élever ses enfants, opportunités de ralentir que certains hommes aimeraient aussi avoir dans la vie?

De quoi a-t-on besoin? de toujours plus d'argent? de points-retraites, parce que la vraie vie commencera après la retraite? de travailler tous les deux? de rembourser un énorme crédit? de temps? c'est quoi, le vrai luxe? et pour les enfants, alors... qualité ou quantité?
Et si mon homme gagne beaucoup plus que moi? Une femme est-elle jamais vraiment indépendante? Et l'homme, il n'est pas dépendant de sa femme, lui? qu'est ce que le choix?

Peut-on faire des choix, sans renoncer à rien?
Peut-on faire des investissements, sans aucun prix à payer?
Peut-on faire des placements, des paris, sans risques à assumer?
Peut-on s'engager, mais juste à moitié?
Peut-on ne dépendre de personne, ni de rien, mais attendre que l'autre ait besoin de nous?
Peut-on tout avoir, tout gagner, ne rien sacrifier?
Peut-on ne pas tergiverser, ne pas être tiraillée?
Peut-on vieillir, avoir pris certains chemins, ouvert des portes, laissé fermées d'autres, sans avoir cette impression d'entonnoir qui se referme petit à petit?

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Toutes ces questions, ce sont des questions pour les hommes autant que pour les femmes...
Mais en discutant avec mes amies, depuis des années, je sais à quel point ce sont les femmes qui apprennent à se les poser bien plus tôt et bien plus concrètement qu'eux.

Des questions existentielles de femmes, causées par notre société: la société du prétendu choix, de la prétendue égalité hommes-femmes, de la prétendue liberté... cette société dans laquelle plus personne n'a de place prévue, ni par le rang ni par l'hérédité, et qui nous prend par surprise, qui nous procure quelques électrochocs, qui nous fouette le visage, qui nous rappelle régulièrement à quel point la vie, pour une femme, est compliquée et riche à la fois.

Des questions superficielles peut-être, des questions de petites bourgeoises pourries-gâtées, vu d'ailleurs, soit... auxquelles on peut répondre de multiples manières, selon le contexte, selon les ressources de chacune. Selon la chance, aussi.
La société propose un sens uniquement "matérialiste" à notre existence et c'est la source de beaucoup d'insatisfactions, de frustrations. C'est juste une impression personnelle, mais j'ai l'impression que les femmes sont poussées plus tôt dans la marmite de la philosophie... comme si on était forcées par la vie à regarder bien en face nos faiblesses et nos contraintes extérieures, un peu avant nos congénères masculins (qui ont leur lot de difficultés bien à eux).
A chacune de trouver le fameux sens, et surtout, l'équilibre, la balance entre concessions et épanouissement, doutes et certitudes, combat et souplesse, et les moyens pour évacuer le trop-plein d'émotions qui survient parfois.

Il y a deux façons de voir les choses: lutter ou s'adapter (je crois que chez Darwin, les espèces qui ont su survivre sont celles qui ont appris... à s'adapter!). Changer sa vie, ou changer de point de vue sur sa vie. Une fois qu'on a fait la différence, à nous de nous épanouir dans nos choix, en nous laissant la possibilité d'évoluer, mais sans se retourner éternellement sur ses pas. Assumer. Car le bonheur, l'optimisme, sont vraiment un état d'esprit, un choix, et non une chance qui nous tombe miraculeusement sur la tête.
Il faudrait réussir (et je sais, c'est plus facile à dire qu'à faire), non pas à conceptualiser, intellectualiser sa vie, la comparer à celle des autres, la jauger (et donc se dévaloriser, car on manque tellement d'indulgence avec soi-même)... mais juste VIVRE la vie comme elle vient. Au lieu de se pourrir l'existence en la faisant mijoter de longues heures dans une confiture de sentiments, bien assaisonnée à la culpabilité.
A la question presque puérile "peut-on tout avoir?", répondre avec peut-être un peu plus d'humilité, plus de lâcher-prise, et accepter qu'une part de la vie n'est pas sous notre contrôle... pour ne pas trop laisser de place aux frustrations et à l'aigreur.

Essayer de vivre au mieux la petite vie qui nous a été donnée, de remplir au mieux notre minuscule petite mission sur terre, chacune avec ses talents, chacune avec sa conception du bonheur... et toujours, toujours, être fière de soi.
Le reste n'a pas beaucoup d'importance... ce sont souvent les questions qu'on n'avaient jamais envisagées qui finalement se mettent en travers de notre route, à un moment qu'on n'avait pas prévu dans l'agenda...


Il y a une phrase que je lis sur le mur de mon studio de yoga, et que je me répète très souvent. C'est, pour moi, la phrase parfaite:

"Dieu, 
Donne moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d'en connaître la différence."


Et vous les filles? Vous avez tout dans la vie?  ;-)




à lire aussi: "maternité, estime de soi, et lâcher-prise"

2 commentaires:

  1. J'ai l'impression que les hommes ne se posent pas toutes ces questions en effet... Peut-être que je me trompe hein, ton lectorat mâle me corrigera peut-être, mais le côté "comment tout concilier sans avoir l'impression de renoncer à tout" me paraît assez féminin. Après, je suis d'accord avec toi: vivons nos vies, arrêtons de chercher à être parfaites ou à nous couler dans je ne sais quel moule et profitons de ce que nous avons. Je crois que nous avons la chance de vivre dans un pays où tout reste possible, tous les choix sont possibles (faire des enfants, ne pas en faire, faire carrière, ou pas, se marier, ou pas, etc...). Ailleurs, certaines femmes n'ont même pas le droit de conduire.

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  2. Ton article fait mouche chez moi. J'ai au fond de moi l'envie de changer de boulot, j'ai la certification pour celui que j'envisage, et une place vient de se libérer, il ne tiendrait qu'à moi d'envoyer ma candidature... sauf que ça m'obligerait à travailler à 100km de mon domicile 2 jours/semaine, avec un mari parti de 6 à 19h pour cause de boulot, un petit pas autonome du tout, peu de possibilités de faire appel à une aide extérieure, et un gros bidon qui s'annonce. La tâche que représenterait la modification de la logistique familiale actuelle me paraît insurmontable, et me fait me demander si ça vaut bien la peine/ si c'est bien le moment...

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