vendredi 21 août 2015

Bloguer, photographier ses enfants, les exposer (et en tirer du profit)


Annie Leibovitz


Je lis des blogs où les enfants de l'auteur sont exposés en photo très régulièrement, et à chaque fois cela me procure les mêmes sentiments ambivalents.
D'un côté je trouve ces blogs beaux, intéressants, attachants, avec un talent esthétique évident, une vraie signature, et un format "feuilleton quotidien" permettant au lecteur de s'y attacher, et qui créent un sentiment d'identification plus forts que d'autres blogs, moins généreux en images de vie de famille, et plus anonymes.
Et de l'autre -et c'est peut être mon imagination un peu noire parfois, voire mes angoisses ou ma tendance à échafauder des scenarii, des plus loufoques aux plus catastrophistes- je ne peux m'empêcher de trouver que certains blogueurs utilisent, usent, voire abusent -très facilement- de l'image de leurs enfants pour leur propre succès, les instrumentalisent de manière assez addictive et égoïste.

 Ces questions, je me les pose depuis longtemps, mais c'est en lisant un article de Télérama sur la mère d'Eva Ionesco, "Irinia Ionesco, photographe libre, mère toxique", que j'ai eu envie d'écrire ce billet.
Bien évidemment, l'horreur de ce fait divers est lié, d'abord, à la sexualisation d'une petite fille. Mais même sans imposer à un enfant une telle perversité, ce cas d'espèce soulève tout de même des questions plus générales sur l'exposition des photos de son enfant, et la relation de dépendance qui peut se créer entre le parent-photographe, libre, et son enfant-modèle, par définition moins libre, voire à sa merci.
 En effet, le parent photographe est totalement libre, c'est un fait... Mais l'enfant l'est-il?



Ces blogs posent plusieurs questions: sur les dangers directs qu'ils peuvent générer d'abord pour l'enfant, et dont on parle le plus souvent, notamment avec cette fameuse "mémoire numérique" (risque de voyeurisme, impossibilité de maîtriser le lectorat et ses réactions, etc). 
Une chose est de partager ses photos sur internet en mode plus ou moins "privé" sur les plateformes prévues à cet effet, voire sur les réseaux sociaux (même si la sécurité de la méthode est discutable, l'intention reste de publier les photos auprès d'un cercle d'intimes -ou moins intimes-), une autre est de prendre des photos, non pas pour partager certaines images avec certaines personnes, mais dans le but de les rendre publiques, accessibles au monde entier, 24h/24h, n'importe où...
Mais la démarche peut aussi poser des problèmes à plus long terme, non pas extérieurs, mais qui vont influer sur la personnalité même du petit modèle: l'enfant va être façonné, grandir habitué à être pris en photo, non pas pour qu'elles soient intimes, mais pour qu'elles soient diffusées publiquement. Il s'habitue à "poser" pour que son parent puisse nourrir son blog, il devient finalement une matière première pour son parent, qui l'aime évidemment pour ce qu'il est, mais est, forcément, aussi flatté par l'image renvoyée au monde par son enfant. L'enfant va peut-être intégrer que pour exister, il ne lui suffira pas d'être, mais de paraître, et pire, d'être exposé.
Dans le film "Into the Wild", le héros découvre à la fin de son aventure que "le bonheur n'a de sens que s'il est partagé". Aujourd'hui, le bonheur n'aurait de sens que s'il est... publié sur le net?
Le risque de l'addiction à sa propre image peut s'envisager. Le narcissisme sera un vrai sujet...

Et comment les choses se passeront-elles quand l'enfant grandira? Quand il ne sera plus forcément photogénique, ou plus aussi docile qu'avant? Et quand il voudra garder son intimité, et son visage et sa vie privée pour lui, ne plus donner au quotidien, à ses copains, à ses profs, ou même à son banquier, toutes ces informations précises et en temps réel sur son emploi du temps, ses lieux de vacances, la déco de sa chambre, ses problèmes d'acné, son premier chagrin d'amour, la marque de ses caleçons? N'arrivera-t-il pas un moment dans la vie de l'enfant où celui-ci en voudra à son parent de s'être servi de son image sans son autorisation? Se vengera-t-il en publiant à son tour, dans de longues années, les photos de son parent grabataire, à la maison de retraite, pour des billets sponsorisés sur les fauteuils roulants ou les couverts en plastique spécial dentier?
Comment gérer ce "clash" inévitable avec son parent blogueur à ce moment-là, dont les intérêts, différents, seront forcément en jeu et fragilisés?

Je ne veux pas être alarmiste ni dans le jugement, je pense que certains parents blogueurs font ça très bien, publient de magnifiques photos, et ont des comportements sains, non abusifs, et réfléchis en amont. J'aime beaucoup lire certains de ces blogs et je considère certains parents photographes comme hyper talentueux. Mais je me dis aussi que, comme dans la vie, il peut se développer sur le net des comportements parentaux plus ou moins toxiques, selon les gens, et qu'il me semble important de toujours avoir ça en tête.

En fait je crois que ces blogs ne posent pas tellement de problèmes lorsque les enfants font simplement des "apparitions", illustrent sporadiquement des billets d'humeur, d'ambiance, de déco, sans que mille infos sur leur quotidien soient dévoilées, ni que leur présence soit pensée à outrance, ou que les photos soient composées pendant des heures en amont.
Ce qui pose vraiment question, ce sont les blogs où l'enfant à le premier rôle, devient le véritable héros du feuilleton quotidien, dont la présence est la substance même du blog, et sans la présence duquel le blog n'aurait plus autant d'intérêt.
Sans parler du marketing qui s'engouffre dans le système, alimente le parent blogueur en accessoires de puériculture et autres vêtements (là aussi, c'est facile d'accepter de rentrer dans le jeu/piège), et donc régente, voire enferme, en quelque sorte, la relation parent-enfant. A cause des marques, l'enfant exposé n'est plus seulement source de flatterie pour l'égo de son parent, il est aussi une source de revenus. Situation compliquée... qui peut, me semble-t-il, être mal gérée si trop spontanée et pas analysée sérieusement avant.

Avec un peu d'imagination (et j'en ai), on pourrait aussi concevoir que çertains parents soient moins sains que d'autres, plus assoiffés de célébrité et de "like", et donc plus capables de passer outre, sciemment, le respect de la vie privée de leur enfant... (Des Kardashian du blog, en somme). On pourrait même envisager un scénario à la "Gone Girl" de David Fincher (très bon film, je vous le recommande), dans lequel une femme, habituée depuis toute petite à être dans la lumière et mise en scène par ses propres parents artistes, accumule des névroses liées à ces fameuses "apparences" dont elle a été trop longtemps le bon petit soldat toute son enfance, pour le bon plaisir parental... et devient littéralement perverse et psychopathe.

Blogueuse, fan de photo (en tant que photographe et en tant que spectatrice), tentée bien souvent de crier et montrer au monde à quel point mes enfants sont géniaux, magnifiques et uniques, je me pose la question chaque fois que je publie une image ou un billet... Et je continue de ne pas montrer leurs visages, de privilégier des ambiances, des univers, des anecdotes visuelles, plus que des portraits.
 Parce que, quand je réfléchis une minute, ce serait trop facile de les montrer (ils sont à ma disposition, je les ai sous la main et peux, objectivement, user de ma toute-puissance et en faire ce que je veux), et que j'ai besoin de sentir que je (me) contrôle en me frustrant un tout petit peu, en ne m'accordant pas ce plaisir immédiat. Ensuite parce que, même si ma vie quotidienne me rend fière/heureuse/comblée sur bien des aspects, je ne crois pas qu'elle intéresse quiconque. Ce qui est intéressant c'est plutôt de pointer du doigt l'universel de nos situations quotidiennes, de les transcender en faisant appel à la digression/imagination, et c'est ça, selon moi, qui va créer une relation avec mes lecteurs, qui se sentiront en phase, ou pas, avec ma vision. Ils n'ont pas besoin de savoir à quoi ressemblent les visages de mes enfants. Même si je le répète, je suis fervente lectrice de certains blogs où les enfants sont joliment mis en scène, et que, en tant que lectrice, ils me procurent du plaisir.

J'ai conscience de mes contradictions et de mon ambivalence, puisque je me nourris évidemment de ma vie, et de leur existence aussi, pour écrire et alimenter mon inspiration... Être photographe, c'est "montrer", et il y a forcément cette question de la liberté d'expression qui doit être protégée, car c'est elle qui permet au photographe d'être libre et de réaliser un travail intéressant. Il n'est pas question de censurer.
Je suis aussi une vrai esthète: j'adore l'image, la forme, le style, l'apparence. Ce sont des choses qui comptent pour moi, j'habille mes enfants en choisissant les couleurs avec soin, pour créer des harmonies de couleur en fonction des lieux où l'on va, des paysages, en pensant aux prochaines photos que je ferai d'eux... Un cadrage original, une association de couleurs, une déco signée, une lumière apprivoisée ou le graphisme d'une mèche de cheveux tombant sur un coin de visage peuvent me faire trépigner de joie pendant de longues heures. L'image me procure de vraies émotions fortes. Je suis une visuelle, et je peux rester bloquée sur la photogénie de quelqu'un quand il me parle, sur l'aspect de ses mains ou sur les mystères de son choix vestimentaire du jour, plus que sur ce qu'il me raconte...

Mais il me semble que, en bas de sa rue ou lorsqu'on voyage au bout du monde, avant de prendre en photo l'autochtone, l'inconnu, et parce que les yeux sont le miroir de l'âme, le lieu de toutes les émotions, le visage une partie intime du corps (si, si), il faut d'abord l'apprivoiser, lui demander son accord, plus ou moins tacitement. Le photographe qui rend publiques les portraits de ses enfants, lui, ne s’embarrasse pas de ce principe, qu'on le veuille ou non il s'arroge un droit sur l'image de son enfant.
Je suis ambivalente puisqu'évidemment, en bloguant, je me livre, je livre une part (certes choisie et maitrisée) de mon intimité. Les inconnus qui me lisent reçoivent des bribes de ma vie et se font leur propre idée, une petite cuisine dans leur tête, avec mes billets d'humeur, mes photos, et ce qu'ils s'imaginent de moi. Mes proches ou moins proches reconnaissent forcément plus de choses, voire peuvent même savoir comme je vais en lisant mon blog.

 Je n'ai aucune leçon à donner, je me pose simplement des questions. Et je me dis que ces questions soulèvent des thèmes passionnants:
Ambivalence, limites, société du spectacle, fierté de mère, flatterie, enfant-objet ou enfant-individu, narcissisme, besoin de plaire, liberté d'expression, art, risque de voyeurisme voire tendance à la "vie par procuration" chez certains lecteurs fragiles, internet et droit à la vie privée... Ça en fait, des questions éthiques, juridiques, psychologiques à prendre en compte.

Vaste débat!

21 commentaires:

  1. Super intéressant ton questionnement, pour la première fois d'ailleurs je me pose la question! Merci! Fripouille fait quelques apparitions mais sans poser, ce sont des photos sur l'instant. Hormis dans un de mes derniers billet on ne voit pas son visage mais une "action"! Je me suis déjà fait la remarque sur certains comptes Instagram sur lesquels les enfants sont sans cesse mid en scène! Je me suis même demandé comment la maman se débrouille pour que ses enfants jouent le jeu à ce point!? Je vais réfléchir au sujet...

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  2. J'ai lu ton post FB hier et effectivement ça fait réfléchir, je comprends que ce soit tentant de partager les photos de ses enfants tant c'est notre fierté :-)

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  3. je trouve ton raisonnement très intéressant et je suis d'accord avec toi à 100%.

    En fait, quand tu dis "certains blogs où les enfants sont joliment mis en scène", le MIS EN SCÈNE résume tout. L'enfant est passif, n'a aucun contrôle, et tout n'est qu'apparence, au final.

    Jamais je ne publierai de photo de ma fille (où on voit son visage, j'ai déjà publié une photo de sa petite main par exemple) sur le net, on ne sait jamais dans quelles mains ça peut tomber et je trouve que c'est aussi un manque de respect par rapport à l'enfant. Ce n'est pas parce que je l'ai mise au monde que j'ai le droit d'utiliser son image pour faire mousser mon blog.

    Et puis comme tu le mentionnes, quand l'enfant grandit et réalise qu'on a publié plein de photos de lui petit, il se passe quoi?

    Bref, ce n'est pas une position très populaire puisqu'un grand nombre de blogueuses publient les photos de leurs enfants, mais perso je trouve ça juste irresponsable comme comportement.

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  4. Merci pour cette réflexion passionnante. Je m'étais posé la question du vol de photos mais jamais de la construction de la psyché de mon fils...

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  5. En effet, c'est un sujet un peu tabou, j'ai l'impression... Moi aussi je suis les blogs "mises en scène" avec le simple plaisir d'admirer des bouts d'enfance joliment racontés. Un moyen pour moi aussi de me recentrer sur la beauté qui m'entoure.
    Mais... il suffit de lire les commentaires des instas, notamment, pour voir que cela réveille souvent d'autres sentiments à leur lectorat, comme l'envie, la culpabilité, la jalousie. Puis, entre les lignes se dessinent bien le narcissisme des auteurs, transformée en jolie pulsion créatrice toutefois, et la volonté de se professionnaliser. Là dessus, il est indéniable que le web offre des opportunités que ces femmes n'auraient jamais eu In Real Life, parce que pas du bon milieu, pas du bon réseau, parce que femme et mère. Et c'est peut être ce dernier argument qui me fait regarder avec bienveillance l'exposition digitale de leurs enfants.

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  6. Merci pour vos commentaires très intéressants eux aussi!

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  7. Très beau billet encore une fois! Je me pose les memes questions en y ajoutant: qui lit vraiment et pour quelles raisons? Nous ne sommes pas tous béates d'admiration devant ces beaux enfants, je me demande tjs si un pervers ne les suit pas etc....(PS oui je suis une flippée !!)

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    1. Oui il y a bien sûr cette crainte du pervers sexuel... Mais pas seulement.
      Régulièrement en voyant les déco et intérieurs des maisons, montrés au grand jour comme si ces maisons étaient ouvertes aux quatre vents, sans serrures ni portes, sans intimité, je pense aussi aux cambrioleurs, qui doivent se délecter de toutes ces images leur permettant des repérages.
      Sans parler des voisins, des profs des enfants, du banquier voire du contrôleur des impôts, qui a accès à plein d'infos intimes de cette manière.

      Ensuite, sans imaginer forcément les pires scenarii, il y a aussi les petites déviances d'apparence anodine, les lectrices (parce qu'il s'agit de femmes la plupart du temps) mi-groupies mi-envieuses, ces femmes qui peuvent avoir des vides à combler, en manque d'enfant, d'une vie rêvée... Et qui, à force de s'habituer à visionner la vie de famille de quelqu'un d'autre, pourraient avoir l'impression de faire partie de cette vie, voire d'en être propriétaire... Et se sentir le droit, à la longue, de la juger, de colporter des ragots, voire d'agir négativement sous l'emprise de la jalousie, qui peut se transformer en fascination/haine...

      Si plein de people préservent jalousement la vie privée de leurs enfants, c'est bien pour leur éviter de se faire harceler par des fous... Et là c'est le monde à l'envers, on montre ses enfants pour devenir célèbre.

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    2. Cet espace de droit ressenti par le lectorat et que le "beaucoup montrer" peut engendrer me questionne. Il m'a suffi d'une ou deux commentaires en ce sens pour me questionner longuement et sentir le malaise, remettant en question mon envie de partage de ressentis, sur lesquels je ne veux pas de jugement, mais que j'ai quand même envie d'exposer pour susciter des échanges...
      Alors c'est sûr que pour les photos, ça me retient à chaque fois que l'envie m'effleure.
      D'ailleurs, je songe très fortement à supprimer mon compte IG parce que c'est l'approche qui me met la plus mal à l'aise, poussant sans cesse à la mise en scène et à la surenchère...

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  8. Très intéressant comme sujet! C'est vrai que des fois l'exposition des enfants sur certains blogs est un peu bizarre. On discutait de ça avec une copine ya pas longtemps, elle a soulevé un point, auquel je n'avais pas pensé, et qui semble intéressant aussi : la période ado. Que va -t-il se passer le jour où des copains (ou pas) de classe de l'ado (au hasard au college) vont chercher sur google et tomber sur l'ancien (ou actuel) blog de sa mere et voir tout ces posts : son premier bain, son premier caca dans le pot, ses premiers sous vetements, ses vacances je ne sais où...
    Cette période college est rarement simple et on doit faire face à de nombreuses moqueries en tout genre, je me demande si ce genre de posts de blogs n'ajouterai pas de l'eau au moulin.
    Et accessoirement, je me dis qu'un blog complètement anonyme pour les parents est aussi à envisager, meme s'ils ne parlent pas de leur enfant, parce "oh c'est trop la honte ta mere elle parle de son vernis bleu". (ok tentative pourrie de parler djeunes, #jesuisplusuneado).

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  9. Marine, moi qui aime tant vous lire, là je reste perplexe...pas très grave je reviendrai malgré tout. Alors si comme vous les jugez (puisqu'il s'agit de jugement et non de questionnement) montrer sa vie et celle de ses enfants relève du narcissisme et de l'inconscience, qu'en est il de montrer du doigt ainsi la vie des autres? Vous les jetez en pâture Marine, tombant dans ce que font bien souvent les femmes et les mères entre elles: se juger et se dire que franchement on fait bien mieux que la voisine. Mais finalement avec un titre aussi accrocheur vous récoltez du lectorat et du like...Mais c'est bien pour cela vous n'avez pas montré vos enfants, juste ceux des autres.

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    1. Je n'ai évidemment pas ce point de vue.... Je n'ai attaqué personne et n'ai pas pour intention de blesser qui que ce soit. Je parle d'ailleurs de mon ambivalence sur ce sujet...

      En revanche, qu'en tant que parent/blogueuse, je me pose certaines questions, et que j'aie trouvé quelques réponses (exprimés en principes d'éducation), ça ne me paraît pas complètement dingue.

      Les blogs quels qu'ils soient sont publics, leurs auteurs doivent donc sûrement être conscients de ne pas forcément maîtriser les réactions diverses et variées du lectorat, sans forcément se sentir attaqués à la moindre question soulevée.
      Pour le reste, j'ai moi aussi un blog (j'en veux pour preuve les questionnements émis dans ce billet), je me mets forcément en "danger" (relatif) puisque je permets à d'autres de me lire et de critiquer mes propos... Et c'est bien parce que je suis consciente du "pouvoir", autant positif que négatif, du lectorat et de ces inconnus derrière leur ordinateur, que je m'interroge sur le bien-fondé ou non de publier les photos de ses enfants.

      Libre à chacun d'être d'accord ou pas... Je n'émet ni règle ni diktat, j'exprime un point de vue personnel, tout simplement.

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    2. Et c'est un peu regrettable de m'accuser personnellement de "faire du buzz", alors que vous êtes anonyme et que je n'ai, dans mon billet, "accusé" personne et encore moins directement.

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  10. Parler de votre volonté de ne pas mettre vos enfants sur votre blog est une chose, juger et de manière très coupée en injoignant aux commentaires critiques envers les bloggeuses qui le font en est une autre. Vous dites ne citer personne, je crois que c'est cette hypocrisie qui me dérange le plus. J'ai fait le choix de ne pas mettre de photos de mes enfants sur Facebook, ce qui est ma décision, dois je dénigrer ce que font les autres? Qui plus est publiquement ? Au moins ces bloggeuses partagent des images heureuses et non pas des critiques gratuites. Sujet tabou non, manière de faire peu bienveillante envers autrui oui

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    1. Émettre un jugement, c'est dire "les choses devraient être comme ci ou comme ça". Donner un avis personnel (en l'occurrence j'ai fait l'effort d'argumenter), c'est parler en son simple nom, et user de son libre arbitre, sans que ça engage qui que ce soit. Vous êtes libre de penser différemment évidemment...et je vous rassure, dans le domaine dont je parle dans mon billet (les photos d'enfants, donc), je pense faire partie d'une pensée minoritaire.
      Mais pourquoi diable voir du jugement partout? Une femme qui allaite juge-t-elle obligatoirement celles qui ne le font pas? Je vis à Nice, est ce un jugement pour ceux qui n'y vivent pas? Après, si chaque opinion propre est vue comme un jugement général, on n'ira pas loin, c'est sur...

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  11. Un article passionnant ! Merci beaucoup pour tes réflexions.

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  12. Tout à fait d'accord avec toi. J'ai beaucoup de scrupule à exposer ma vie et celle de mes enfants et je me relis toujours plusieurs fois avant de publier un billet pour être sûre de ne pas trop en dire ou de dire des choses qui pourraient porter préjudice à mes proches. Alors de là à publier des photos, je suis très loin de passer le cap. Là où les choses se compliquent est que je relate aussi mes expériences de profs, ce qui implique nécessairement de parler de collègues ou d'étudiants. Or je tiens plus que tout à préserver mon et leur anonymat, donc là encore, relecture, relecture, relecture: ou comment raconter quelque chose sans porter préjudice à des personnes. Après, si certain(e)s croient se reconnaître dans mes personnages, là je ne maîtrise plus! :)

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  13. Tout à fait d'accord avec ce post. Je me suis insurgée plusieurs fois à ce sujet. Mais les mères me répondent qu'elles ne pensent pas à mal, qu'elles connaissent tous les dangers du Net. Sauf que non, cela peut arriver à n'importe qui et surtout elles ne pensent pas à l'avenir lorsqu'ils seront ados, qu'ils vont se construire et que leurs copains trouveront des photos d'eux plus jeunes. Cela peut aller très loin; Alors, oui, elles peuvent penser que je donne des leçons. Mais tout le monde dit qu'il faut protéger les enfants et ne pas les exposer inutilement. Bravo pour ce post que j'ai partagé.

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  14. Suite à ce billet, j'ai reçu un mail très intéressant d'une personne ayant fondé une association visant à aider des enfants malades... Et utilisant régulièrement les images de ces enfants, dont le sien, pour faire parler de son combat.
    Chaque fois qu'elle publie une photo, elle se pose la question et n'a pas encore tout à fait trouvé de réponse.
    En fait ce sujet soulève surtout des questions morales... Et la morale est propre à chacun, chacun met un curseur selon sa vision de la vie, de l'éducation, etc...
    Y a t-il de causes "justes", qui justifient l'utilisation des photos des enfants, et donc plus "morales"? (Le telethon engrangerait moins de dons s'il ne montrait pas de vrais enfants atteints de vraies maladies rares...) on pourrait le penser...
    Il n'est pas question de supprimer toute image d'enfant sur le net ou dans les médias... Un peu comme dans la vraie vie, il y a forcément une part qu'on ne peut contrôler.
    Mais on peut vraiment se demander "dans quel but l'adulte publie-t-il la photo de son enfant", et ensuite se faire sa propre opinion.

    Ça soulève donc des questions avant tout morales. Et la morale n'est pas le droit, car elle est éminemment personnelle et fluctuante selon les gens, les époques...
    (Après on peut regretter qu'il n'y ait plus de valeurs morales communes dans notre société, mais c'est un autre problème :-)

    Le Droit viendra régler ça petit à petit, quand les enfants auront grandi, et apporter des réponses à des cas qui n'existent pas encore et qu'on n'imagine pas forcément... Aujourd'hui, j'imagine que la jurisprudence est encore assez mince.

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  15. C'est un questionnement intéressant, et quiconque poste des photos de ses enfants ou de son univers devrait se poser cette question. J'avais moi-même choisi au début de mon aventure bloguesque de ne pas publier de photos trop privées, et puis j'ai vite compris que sur mon blog j'étais vraie, entière et que si je continuais à sélectionner autant les instants partagés cela ne servait plus à grand chose de les partager justement ! Sans même parler des blogueurs, nous avons tous dans notre entourage des parents qui partagent des photos de leurs enfants qui sont accessible au monde entier via les réseaux sociaux, et je trouve parfois ces profils encore pus dangereux et néfastes aux enfants que les blogs, qui sont souvent plus réfléchis sur la publication d'images.
    Je pense que, comme pour, tout le bon sens doit primer sur l'envie de briller, mais malheureusement on ne peut pas demander à tout le monde de penser comme ça !!! Il y aura toujours des adultes déviants pour des enfants innocents.

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  16. Je suis dans la même position. Je mets assez peu de photo de moi et de mes enfants sur le blog mais c'est vrai que les photos de personnes humanisent quand même les blogs. Pour ma rubrique couture et l'eshop je me mets parfois en scène sans trop me montrer. Pour les enfants c'est un peu pareil. ils arrivent en plus à un âge où ils ne veulent plus trop qu'on les voit. En général j'essaye de les rendre plutôt discret mais il arrive qu'on les voit. Pour mon eshop par exemple, j'avais besoin d'un modèle pour montrer ce que donnait les serviettes de table que je mettais en vente. Mon plus jeune s'est prêté à la tâche de plus ou moins bonne grâce selon les jours !! mais je fais en sorte qu'on ne le reconnaisse pas! Pourtant j'ai parfois envie de mise en scène plus spontanées où ils apparaîtraient ! Cela arrivera certainement parfois !
    MErci pour cet article.
    bonne journée.

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