mardi 10 novembre 2015

Education bienveillante: révolution ou pipeau?


Guillaume Guedre


J'ai écouté l'émission sur France Inter en replay: "éducation bienveillante, révolution ou pipeau?"
("Un jour en France", 10 novembre 2015)

J'ai eu les mêmes doutes et questionnements du journaliste sur le sujet.
"L'éducation bienveillante" (le terme ne me plait pas! tellement culpabilisant pour les parents qui ne se réclament pas particulièrement de cette théorie...) me paraît être, plus qu'une révolution, surtout du bon sens érigé en méthode d'éducation.







Entendre ces témoignages de parents, absolument perdus face à leurs propres enfants, tellement accaparés par leurs vies et rythmes effrénés d'adultes qu'ils en ont perdu leur âme d'enfant, oublié leurs souvenirs et leur propre héritage, et manquant tellement d'assurance qu'ils sont en quête de modèles extérieurs pour les éduquer me fait un peu de peine.

J'ai l'impression que les spécialistes de l'éducation bienveillante surfent sur cette culpabilité parentale, l'absence de transmission, et la solitude des parents d'aujourd'hui, pour leur remplir le crâne d'études neuro-machin et de chiffres savants, censés leur permettre, par des théories comportementalistes, de discipliner au mieux leurs enfants. ("C'est prouvé, si vous froncez les sourcils, le pic de stress, causé par votre réaction, dans le cerveau de votre enfant, risque de le traumatiser à vie")

Je suis une mère, je pense être, avec leur père, sans que ce soit trop étudié ni trop analysé, mais tout de même assez discuté entre nous, assez bienveillante dans ma façon d'éduquer mes enfants (je fuis l'autoritarisme, je souhaite nouer une relation de confiance avec eux, je crois à la valeur de l'exemple plus qu'aux grandes paroles, j'aime que les "ordres" soient compris et acceptés plutôt que bêtement imposés...).
(En gros, et comme la plupart des parents, je me situe à peu près à mi-chemin sur une ligne allant de l'affreux parent fouettard-tradi-à l'ancienne-psychopathe-pervers-narcissique... à la larve-parent-laxiste-irresponsable-jemenfoutiste la plus apathique, disons.)
Mais je n'ai pas envie d'être dans le "contrôle" de mes émotions et réactions du matin au soir avec eux.

Je fais de mon mieux, avec toutes mes imperfections. J'essaie de les écouter, de me mettre à leur niveau, mais il m'arrive aussi de crier, de dire "c'est comme ça et pas autrement", sans culpabiliser outre-mesure.
Je tiens au respect de l'autorité (des parents, des professeurs) et à la frustration nécessaire, à la discipline, à la politesse et à la valeur de l'effort et du travail (pour les devoirs scolaires, mais aussi les autres obligations familiales), -l'évaluation par les notes à l'école ne me pose pas de problème moral, par exemple-... Valeurs qui me semblent importantes pour les préparer à la vie, et utiles pour vivre ensemble, notamment quand on a une famille nombreuse.
N'en déplaise à Isabelle Filliozat, je ne pense pas qu'on puisse négocier certaines choses, comme l'heure du coucher, ou choisir d'aller à l'école ou non certains jours dans l'année (ses propos dans l'émission me sidèrent un peu)

En cela je suis persuadée d'être une assez bonne mère.
Je tâtonne, je me plante, je réadapte, je me pose des questions, je reconnais mes erreurs, je fais confiance à mon instinct, j'apprends mon rôle de mère petit à petit, grâce à mes enfants... Mais je ne suis pas à la lettre une "théorie éducative" (c'est très américain, ça, de se revendiquer d'un courant éducatif... mais ça me parait artificiel et rigide).

Éduquer ses enfants ne s'apprend pas dans les livres, et je regrette que tant de parents, pourtant éduqués et privilégiés, ne se sentent pas assez confiants en leurs capacités et se croient obligés de débourser 200€ pour un stage de quelques heures censé leur enseigner leur rôle.

Je n'élève pas mes enfants comme un robot, j'ai mes émotions, ma fatigue, mes humeurs, je râle parfois, je leur demande de me laisser souffler, je les punis, entre deux éclats de rire, besoin de temps pour moi, danse à fond dans le salon, voyages en famille, et câlins. Je préfère vivre la vie plutôt que la théoriser.
Je n'ai aucune intention d'atteindre une quelconque perfection en la matière... La première marche sur le podium des mères ne figure pas dans mes objectifs à atteindre. J'essaie simplement de faire au mieux, avec mon histoire, ma personnalité, mon éducation, ma sensibilité et mes failles... en espérant transmettre certaines choses positives à mes enfants (et en essayant de minimiser l'héritage négatif qui fera partie de mon cadeau de départ, sans pour autant pouvoir le supprimer complètement)... mais sans mesurer à l'avance ce qui leur restera de moi. La vie me le dira.

Et, pour toutes ces petites décisions du quotidien, tous ces choix éducatifs ô combien personnels et subjectifs, ne nécessitant aucune "validation scientifique", mais plutôt, et tout simplement et en bonne quantité, de l'amour maternel, et évidemment dans le cas où tout continuera à aller bien pour chacun de mes enfants, aucun spécialiste ne sera jamais plus spécialisé que moi-même pour savoir comment élever MES PROPRES enfants

Parents... Croyez un peu plus en vous-mêmes... les ressources sont en vous.


à lire aussi:

ma critique du livre "Bringing Up Bébé" de Pamela Druckerman, dans lequel la journaliste américaine, expatriée à Paris, se félicite justement du fait que les mères françaises font plus confiance à leur instinct en terme d'éducation, et ne se plongent pas sans esprit critique dans les livres de "prêt-à-penser éducatif" comme le font les américaines.

un de mes anciens billets, "maternité, estime de soi et lâcher-prise", sur l'enfer qu'on peut se créer, en tant que mère, quand on écoute trop l'avis des autres, lit trop de choses sur la question de la maternité, sans se faire confiance.


11 commentaires:

  1. Comme je suis d'accord ! Je fuis également tous ces nouveaux mouvements PRO quelque chose, qui soi disant ne véhiculent pas le message "c'est pas le top ta façon d'éduquer tes enfants hein !" mais quand même un peu, au fond. Le rôle de parent n'est pas évident, et il me semble qu'il y a autant de façons d'être parent que d'enfants, et que la bienveillance est naturelle à partir du moment où on sait un minimum se remettre en question, tâtonner, apprendre, avancer, recommencer. On veut toujours le meilleur pour nos enfants, là est la bienveillance, même si parfois on se trompe royalement. L'éducation qu'on leur donne vient avant tout de notre coeur, de notre instinct, on fait chaque jour au mieux pour s'adapter à eux, à leurs besoins, à leur personnnalité plus ou moins complexe. Le tout mêlé à notre propre histoire personnelle, les contraintes de la vie de tous les jours, nos convictions, etc. L'éducation n'obéit à aucune théorie commune. Il est d'ailleurs souvent amusant de constater que ce sont ceux qui prônent le plus ces théories plus ou moins extrêmes (allaitement, éducation bienveillante...) qui ont le plus de failles au final car ils axent leurs agissements sur des idées et non sur leur propre pratique, donc ils se remettent très peu en question.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Betty, je te rejoins tout à fait, je fuis les discours PRO (allaitement, couches lavables, et que sais je encore...) car ils compartimentent la vie, l'enfant, l'éducation...
      Éduquer un enfant c'est un TOUT, et promouvoir une chose précise isolement des autres n'a que peu d'intérêt quand sur le reste on fait "moins bien" (c'est subjectif, d'où les guillemets).
      On a tous nos failles et nos limites, ce qui compte c'est d'essayer de s'améliorer et d'en être conscient. Je trouve que les "parents bienveillants" se réclamant comme tels n'ont pas d'humilité ni de recul... A mon avis c'est toujours utile d'être prudent. Ce n'est pas parcequ'un enfant aura bu du lait maternel pendant des années ou mangé bio ou jamais reçu une seule fessée qu'il sera FORCÉMENT genial plus tard (même s'il se peut qu'il le devienne aussi, bien sûr!). L'avenir d'un enfant repose sur mille choses, sur l'expérience, le hasard... L'acquis ne fait pas tout, les parents ne sont pas sur-puissants sur l'avenir de leurs enfants.

      Prudence prudence... C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses 😉

      Supprimer
  2. j'ajoute que je conçois que ces règles de bon sens, cette "école de parents" soient nécessaires dans les familles non-privilégiées, qui ne disposent d'aucunes clés éducatives, socialement et familiale ment fragilisées etc...

    Mais quand on écoute l'émission et les témoignages des parents se rendant à ce "stage" (200€) on te rend compte que ce sont des gens éduqués, je présume à l'aise financièrement (vu le prix du stage), et donc il me semble, perdus sans raison. (Sauf pour la raison qu'ils ne passent pas assez de temps avec leur enfants, peut être... ;-))

    Ca m'a tout l'air d'un business, ces coachings d'éducation pour parents débordés.

    Comme la méthode montessori, d'ailleurs! Très juste, pertinente et valable à la base... Mais qui devient un truc pour bobos.

    RépondreSupprimer
  3. Je n'ai pas écouté l'émission, mais moi je trouve ça bien cette mode de l'éducation bienveillante... le fait qu'on en parle. Précisément, si des parents font des stages, c'est qu'ils ont envie de se remettre en question, d'évoluer.
    Je pense qu'on peut s'inspirer de bouquins, y piocher des idées, des astuces, sans pour autant vivre avec son livre scotché à la main pour le consulter toutes les deux secondes. On n'éduque pas son enfant avec un livre mais il y a précisément une humilité à penser qu'on peut encore apprendre des choses, même pourquoi pas dans un livre (ou en discutant avec d'autres parents, finalement, c'est de l'échange d'expérience, non ?). Moi ça m'intéresse de voir les choses avec d'autres yeux que les miens, de voir comment d'autres font... Et dans des périodes difficiles, lire Filliozat m'apaise et m'encourage.
    On peut aussi ne pas se sentir personnellement concerné mais trouver ça bien qu'on parle d' alternatives à la fessée qui a encore la côte... qu'on médiatise des alternatives éducatives.
    Et je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas être éduqué et perdu... Je pense être éduquée, et pourtant parfois aussi complètement larguée...

    RépondreSupprimer
  4. J'ai suivi ces fameux ateliers mais bon j'habite pas Paris, le prix des 8 séances étaient deux fois moins que le prix cité dans ton billet. La formatrice est devenue une amie, pas du tout l'esprit Coach et pas de parents bobo, des bourgeois ça court pas les rues dans min'coin :) et franchement ca m'a sauvée à l'époque. Je venais d'accoucher de mon troisième qui a 20 mois d'écart avec ma cadette, on venait d'apprendre que mon aîné avait un bégaiement et l'orthophoniste a clairement dit que c'était à cause de nos rythmes (je te rejoins sur le point que beaucoup de parents devraient ralentir mais c'est pas toujours si simple, en tout cas ça demande de faire des choix importants et souvent des conséquences financières ), mon mari faisait 50h/semaine en entreprise ... Et moi je venais de me faire refuser un aménagement d'horaire par mon employeur. Je n'en pouvais plus de tout. Et même si j'avais une approche de communication non violente, parfois on est dans des impasses, je me sentais seule et demunie - il n'y avait pas que ça mais j'avais beau tendre des perches à mon entourage, chaque membre a dédramatisé et je n'ai pas trouvé de soutient - ces groupes de discussions sont vraiment dans le non jugement, en discutant on débloque des situations dans lesquelles ont été enfermées, on découvre des habilités... en fait le top c'est les maisons verte (dolto) oû les centres sociaux, Qui instaurent des lieux d'accueil parent-enfant avec des professionnels encadrants le groupe de discutions. Pour revenir sur prix, souvent ce sont des gens à leur compte, indépendant, et aux vues des taxes en France (je suis bien placée pour savoir en tant que co-gérante), les prix pratiqués me semble raisonnables pour qu'ils en vivent. Je paie presque pareil la prof de yoga ! Et puis ca mê choque moins finalement de payer pour un service qui va améliorer la vie de famille que dans un pantalon oû une robe sezane, maje, bash, Léon and Harper (des marques sur lesquelles je bave) que je vais flinguer dans ma machine entre les chaussettes et les barboteuses ;) Mais on devrait pouvoir trouver ce genre d'aide sans avoir à payer autant, afin que tous puissent en bénéficier et être informer qu'il y a d'autres alternatives à la violence verbales (oû physique) aux Punitiôns ... Et comme on en a déjà discuté qui dit bienveillance ne dit pas nier ses émotions sous prétexte d'être un bon parent... On explique à son enfant qu'on est en colère, triste... Rien n'empêche de vivre son émotion , et puis En appliquant l'écoute active on rencontre moins ces comportements pénibles . Ça continue d'arriver car personne n'est parfait (heureusement) et ça crie et râle dans toutes les familles même chez les formateurs en CNV :) c'est assez décousue mon commentaire mais ça me tient à cœur que les choses avancent dans ce domaine, si les professeurs pouvaient y être formés je crois que ca les aideraient beaucoup dans leurs relations et pédagogies. Pour les managers aussi.
    Je rejoins le commentaire de Couac dans sa vision. On peut très bien s'inspirer, en prendre et en laisser.

    RépondreSupprimer
  5. Ce ne sont pas ces petits trucs et astuces distillés par cette méthode qui me gênent (ils sont inoffensifs!). On fait tous à notre manière un peu d'éducation bienveillante en empruntant des idées qui fonctionnent.

    Ce qui me gêne, d'où ma réaction (qui n'avait pas vocation à être parfaitement documentée mais plutôt d'être une réaction spontanée après avoir entendu l'émission), c'est cette idéologie qui est propagée derrière:
    l'idée que l'enfant doit être au centre de tout, qu'il faudrait s'y adapter toujours plus et toujours mieux pour qu'il daigne respecter certains principes. (Entendre Filiozat dire que les rythmes scolaires ne sont pas adaptés aux ado, et que donc ils peuvent décider de ne pas aller a l'école certains matins, m'a... étonnée)

    Cette idéologie, c'est celle-la même qui crée des adultes rétifs à la frustration, sans cesse dans la revendication individualiste à outrance, plus capables de vivre ensemble (il n'y a qu'à écouter le désarroi de bcp de profs pour imaginer le futur de ces gosses...)

    Si les parents consacraient un peu moins d'énergie à s'épuiser pour s'adapter parfaitement à leur enfant (à la limite quand on a un enfant unique on peut peut être le faire, mais ce n'est pas un cadeau pour lui!), mais au contraire la consacraient à l'aider, lui, a s'adapter à la société dans laquelle il vit, à devenir "tout-terrain", adaptable partout, capable de respecter des règles et des horaires (et tant pis s'ils ne sont pas parfaitement adaptés à son cycle du sommeil ;-) plutôt que centré sur ses revendications et besoins personnels, les choses seraient peut être plus constructives.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends bien ta pensée.
      Mais je me pose quand même des questions ... Je ne suis pas d'accord avec le principe de rater l'école certains jours qui arrangent, mais par contre quand on adapte le rythme à la biologie du corps alors forcément on obtient de meilleurs résultats (sur la concentration entre autre). Et je pense aussi que la société est en pleine mutation et tant mieux. Parfois il faut une sur médiatisation et exagération pour que les choses bougent un tout petit peu, le temps que ça arrive aux oreilles de tous. Comme avec le harcèlement scolaire. Tu vois l'image que tu as choisis pour illustrer ton billet, ca mê fait penser que (même si ca n'a rien avoir avec ce que tu dénonces :)) et bien c'est pareil avec le patron. Avant on le vénérer, on le remercier pour le travail et le salaire qu'il nous donnait en contrepartie, maintenant c'est le gros méchant qui s'en met plein les poches et voudrait de faire trop travailler. Ni l'un ni l'autre n'est bon. Je crois qu'en peu d'années on est passé sur plein de domaine d'un extrême à l'autre et qu'on va bien finir par trouver l'équilibre ? Je le souhaite.

      Supprimer
  6. Je n'ai pas écouté l'émission de France Inter, en revanche, pour travailler avec d'autres parents sur la parentalité, je peux t'assurer que beaucoup sont perdus et ont perdu le bon sens parce que mille et uns conseils contradictoire les influencent, parce que parfois ils n'ont pas reçu une éducation juste, bienveillante, de bon sens, parce que nos rythmes (parisiens surtout) ont l'art de déstructurer profondément la vie familiale.

    Alors, oui, tous les conseils prodigués par cette "mode" sont surtout du bon sens. Développer le sentiment d'appartenance, faire participer l'enfant aux tâches familiales, solliciter l'enfant et son opinion en cas de crise familiale qui le concerne, la résolution de problème, organiser sa vie familiale pour que chacun trouve sa place, veiller à trouver un peu de temps pour chacun, essayer de ne pas répondre à la violence par la violence, essayer de comprendre ce qui peut se passer dans la tête de nos chérubins pour qu'ils deviennent aussi durs parfois, etc...
    Evidemment que chacun peut y prendre ce qui lui correspond, il ne s'agit pas de devenir un parent parfait, seulement de trouver des outils et des réponses pertinentes pour avoir une vie familiale sereine.
    J'utilisais ces outils sans le savoir, parce que j'avais vu mes parents le faire, parce que je suis enseignante et que nombre de ces techniques sont utilisées aussi dans les classes. Pour moi, si ça peut aider des parents à vivre plus sereinement leur vie familiale, c'est toujours bon à prendre ! Le fait d'être riche ou non n'a malheureusement que peu d' incidence sur la réussite de l'éducation de ses enfants, la maltraitance, on la trouve à tous les niveaux sociaux. On peut être "très intelligent", faire une très belle carrière et être complètement désarmé face à ses enfants -alors qu'on fait trembler son conseil d'administration-, j'en ai de très beaux exemples près de chez moi.

    Je précise que je ne suis pas coach, je n'ai pas suivi la formation de discipline positive, etc. Je m'inspire juste au fil de mes lectures et de mes échanges pour débloquer ce qui peut bloquer parfois dans ma famille, prendre du recul, essayer d'avancer au fil de ce "métier" si particulier, si exigeant, si exaltant de parent.

    RépondreSupprimer
  7. En avançant dans mon expérience de maman (et en arrivant en ce moment aux fameux "terrible two" ;) je crois qu'en effet, il est utile d'aller voir par-ci par-là si on peut profiter de bons conseils mais qu'il faut surtout se faire confiance et apprendre à se connaître soi-même (ohlala l'expression à la noix ;) On tâtonne puis peu à peu on se rend compte de ce qui fonctionne bien, de ce dont on est satisfait, soi, de ce qui correspond à notre personnalité, de ce qu'on est prêt à engager ou pas… Mais la confiance, ça vient avec le temps et il ne faut pas être trop pressé. Pour cela, en effet, il faut passer du temps avec son enfant, ce que de moins en moins de gens font, par choix ou pas d'ailleurs...

    RépondreSupprimer
  8. J'en suis aussi au stade du terrible two (and a half!) avec un bébé de 4mois aussi que j'allaite et qui ne fait pas ses nuits.... Gros coup de mou ces derniers jours, ras le bol des enfants, je suis fatiguée, au bord des larmes, sur les nerfs. Mais mes enfants ne voient rien. Et c'est bien ça le problème. Trop de décor "pour faire comme si tout allait bien", pour qu'ils gardent en tete cette image de maman parfaite, adaptable en toute circonstances et qui trouve toujours des solutions à tout. En réfléchissant un peu je me suis rendue compte que mes lectures autour de l'éducation bienveillante (avec une belle soeur dont c'est devenu la religion, et vas y que je t'offre les livres dédicacés à chaque Noel) me faisaient plus de mal que de bien. En fait je me suis rendue compte que ça me faisait plus culpabiliser qu'autre chose. J'essaie de coller parfaitement à ce modèle mais soyons réalistes, c'est épuisant, mon 2ans met ces principes à rude épreuve et moi face à ses crises je puise dans une patience que je n'ai plus, pour rester souriante, douce et bienveillante. Résultat, dans ma tete c'est la tempête : je m'imagine l'emplatrer contre le mur en hurlant (qu'est ce que ça me ferait comme bien !! ahah !) mais au lieu de ça, bien sur je reste patiente et compréhensive, mais en réalité je ne le suis pas. Et c'est bien ça le problème, c'est que ces principes forment un joli tableau mais quand on gratte la 1ere couche derrière c'est pas joli joli.... J'ai l'impression qu'à force d'essayer de jouer le rôle de la maman parfaite qui a bien appris ses leçons, je ne suis plus spontanée, chaque réaction est réfléchie pour aller dans le sens de l'enfant, plus rien n'est naturel. Et F$finalement, je suis convaincue qu'un peu de fermeté est nécessaire. Je ne peux plus etre dans la négociation en permanence, parce que j'ai besoin de signifier à mes enfants que je ne suis pas d'accord et pas sur le ton du miaulement d'un petit chaton. Dire stop et gueuler un bon coup parfois c'est aussi extérioriser. Donc j'ai décidé que ça allait changer et que parfois, oui parfois, je m'énerverai je crierai s'il le faut et je punirai et je sévirai (bon pas de fessées par contre, les coups c'est pas mon truc)
    Tant pis pour Isabelle Filiozat, je l'imagine en train d'observer ces scènes d'une rare violence d'un oeil compatissant, plein de pitié pour cette pauvre brebis égarée que je suis, qui aurait bien besoin de stages d'éducation à 3000 dollars !

    RépondreSupprimer
  9. Je crois que tu as bien posé le diagnostic. Ma recommandation: sers-toi de tes livres bienveillants comme cales de meubles, crie un bon coup, dis quelques gros mots, respire un grand coup et annonce à ton grand: "oh et puis fuck, j'ai appelé une baby-sitter, maman se barre trois heures pour souffler" (et va claquer un peu d'argent, mais pas pour faire un cadeau à tes enfants, hein... pour toi ;-)

    Tu reviendras apaisée et contente de voir tes enfants.

    Bisous!

    RépondreSupprimer