jeudi 21 janvier 2016

3 enfants (7 ans, 5 ans, 2 ans): mes progrès de mère. Bilan.


ZE t-shirt du store Foresti. Je ne sais pas vous, mais moi, je me le suis commandé...


Il y a un an j'écrivais un petit bilan sur l'équilibre qu'on avait trouvé avec nos 3 enfants.
aujourd'hui j'ai eu envie de faire un nouveau débrief!

J'ai lu hier deux billets; celui de Marie des Mamans Testent, "de l'habitude d'être mère", et celui de MarjolieMaman, "slow mercredis".
Je me suis sentie complètement dans la même phase qu'elles: avec trois enfants, j'ai vraiment l'impression d'avoir évolué, progressé, de m'être améliorée sur plusieurs points. Je n'ai pas vraiment "changé", j'ai toujours globalement la même personnalité... mais disons que je me suis un peu modifiée.




 C'est depuis la naissance de ma troisième que j'ai vraiment l'impression d'avoir passé un cap: matériellement, je suis -enfin- plus organisée:

 Il est loin le temps où je procrastinais, où on vivait tous les deux et où on devait passer l'aspi à peu près une fois par mois...
Aujourd'hui, je suis un peu plus au taquet, et du matin au soir (et là, je pense à ma mère!): Je rationalise: de la cuisine en grande quantité, que je congèle en grande partie (quitte à se mettre aux fourneaux, autant que ça serve longtemps!), un petit ménage rapidos tous les 2 jours, une machine de linge par jour, et, les jours où on est tous les 5 à la maison, 2 lave-vaisselles par jour... (je vous rassure, mis à part les 5 chemises hebdomadaires de Jean-Chou, on ne repasse toujours pas à la maison).
Il n'est pas rare que, le matin, en buvant mon café, je fasse, en même temps, cuire un petit poulet vite-fait, ou que je fasse réviser une leçon tout en avançant de deux cases et en criant "non chérie, pas la couche dans la machine!",en préparant mon sac de yoga, en disant "banane" et en reculant de quatre cases: parfois, mon quotidien, ça ressemble un peu au Kamoulox. Mais comme la plupart des mères, je crois...

Jean-Chou en fait lui aussi beaucoup plus qu'avant. En gros, on a vraiment l'impression de faire tourner une petite PME maintenant... tout en étant bien plus efficaces qu'avant, et donc avec la sensation d'avoir plus de temps et d'énergie que lorsqu'on n'avait qu'un seul enfant.
Pas étonnant qu'on entre dans le statut "famille nombreuse" avec l'arrivée du petit troisième!
J'ai aussi atteint cette impression (que les mères de plus de 3 enfants expriment souvent) que je serais THEORIQUEMENT prête, maintenant, à avoir d'autres enfants à la maison, sans que cela soit beaucoup de travail en plus.
Chaque mois, j'ai mes toutes petites nièces à la maison pendant un week-end, et même si c'est un peu stakhanoviste, ça ne change pas tant que ça.

J'ai aussi évolué, comme le disent les blogueuses dans leurs billets ci-dessus, dans ma personnalité et mes émotions.

Avant, avec mon premier enfant je crois, j'avais parfois cette sensation d'être un peu en lutte, pas toujours hyper sereine, pas tout à fait dans l'instant... en ne profitant peut-être jamais parfaitement.
J'ai toujours été plutôt cool, sûre de moi, pas du genre à culpabiliser pour un oui ou pour ou non, et je n'ai jamais été de celles qui disent "s'ennuyer" en restant toute la journée à la maison avec un bébé... mais c'est vrai, la maternité avait cependant parfois quelque chose de pas facile, de solitaire, à certains moments.

Aujourd'hui avec trois enfants à la maison, je ne me pose plus toutes ces questions.
Je ne suis pas en représentation, je ne joue pas à "la mère", je n'ai pas de rôle à répéter, personne ne va prendre des notes en m'observant, me juger. Je n'attends de médaille de personne, pas de reconnaissance.
 Je n'essaie pas de stimuler mes enfants comme une maîtresse, de proposer des programmes "certifiés par un pédo-psy serbo-croate, spécialiste de la sémiologie psychiatrique dans les dessins-animés d'Albator et des juridictions pontificales au VIème siecle en Mandchourie, préfacé par BHL, jeune grand-père relax",de les pousser à faire mille activités à l'extérieur, de faire tout ce qu'il faudrait faire, si on lit scrupuleusement les livres d'éducation. Je ne me force pas à les emmener au parc alors que je j'aime pas trop ça. Je ne culpabilise pas si je ne leur fournis pas de l'animation à chaque heure de la journée (je ne suis pas un GO du Club Med).

Je vis avec eux, et j'essaye de vivre vraiment le moment. Je m'adapte aujourd'hui à chaque journée en me demandant, curieuse et enthousiaste: "comment cette journée va-t-elle évoluer?"; quitte à modifier l'emploi du temps si un enfant en a besoin, plutôt qu'en me demandant dès le réveil, un peu angoissée à l'idée de passer une journée entière seule avec eux "qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur faire-faire aujourd'hui de passionnant-stimulant-ludo-éducatif-montessori approved?".
Avec le temps, j'ai compris que je n'étais pas la seule et unique responsable de la journée... mais que j'étais plutôt une sorte de garante, présente pour eux, certes, mais les laissant vivre, s'organiser, créer leurs propres activités. Je suis là, discrètement. Ils font leur vie, je fais la mienne à côté, on discute de tout et de rien, et parfois, si l'envie leur prend de me parler de quelque chose d'absolument existentiel, je suis là).
Je crois à la quantité passée avec eux, et pas seulement à la qualité. Mais ça, c'est parce que j'ai le privilège, la chance d'avoir du temps à consacrer aux enfants, et donc je ne vais pas commencer à édicter ça comme une leçon. J'ai conscience aussi d'aimer ça, mais que cela ne convient pas à toutes. Il y a mille façons d'être une mère épanouie et équilibrée, au travail, ou à la maison, et c'est à chacune de trouver sa petite recette.

Au début de l'aventure de la maternité, j'étais plus en demande d'aide logistique auprès de Jean-Chou:
 Je me souviens de longues heures, passées sur le tapis de jeux de ma fille, à essayer de l'occuper, quand elle été bébé et se réveillait à 5h du matin... je ne savais pas comment faire!  je paniquais un peu à l'idée de passer 2 jours seule, par exemple... c'était, du coup, peut-être un peu moins facile à vivre dans notre couple; je pouvais lui reprocher d'aller se faire plaisir en faisant 2h de sport...

Aujourd'hui les choses ont bien changé, puisque, même si notre troisième n'a fait ses nuits qu'à 14 mois, on ne se levait pas à la moindre de ses demandes, on s'est plus préservés. On a chacun l'impression d'avoir plus de temps pour soi (on fait chacun son sport, et quand Jean-Chou part faire des trails, ce sont parfois des journées entières), sans que l'autre se sente frustré ou lésé. On est sincèrement heureux que l'autre aille se faire du bien, convaincus que c'est comme ça qu'on est le mieux ensuite, pour se retrouver et passer des super moments tous les deux. Et on sait que lui, comme moi, sommes assez interchangeables, et capables de rester seul avec les enfants tout un week-end (mon dernier week-end entre filles, en plein Paris le 13 novembre dernier, l'atteste... hum hum).

Quand il part quelques jours pour le boulot, je positive très facilement: j'adore aussi ces petits moments seule avec mes enfants, c'est épuisant sur bien des aspects et je suis heureuse que ça ne dure pas plus de 4 jours, mais ce sont aussi des moments privilégiés, pendant lesquels je peux faire exactement ce que je veux, comme je veux, le soir notamment. J'en profite maintenant un maximum.

Je crois que c'est en ça que j'ai vraiment progressé: je suis bien plus dans le présent, je me morfonds un peu moins dans les moments durs (je sais qu'ils font partie du package): je suis dans MA vie, dans MES choix, sans me comparer sans cesse, me demander "et si?", "et si j'avais fait un autre choix?" "et si j'étais retournée dans ce job?", "et si je me trompais?", "et si j'osais faire un deuxième enfant rapidement?"... etc...
Savoir profiter de sa journée, d'un mercredi avec les enfants, c'est la même philosophie que savoir apprécier la vie en général: faire des choix, s'y tenir, les assumer, et enrichir au mieux notre journée/vie en fonction des élements qui se présentent à nous... sans se demander à chaque fois si l'herbe ne serait pas plus verte/plus accessible/de meilleure qualité ailleurs. Il y a évidemment un gros travail de lâcher-prise, d'acceptation... que j'ai l'impression d'avoir en partie fait.
J'aborde mes journées, et ma vie, de manière bien plus légère qu'avant: on discute beaucoup Jean-Chou et moi, chaque jour, de l'éducation des enfants, de notre conception de la famille, des ajustements à faire... et il a la même impression: celle d'avoir progressé (je confirme).
En fait, ça nous passionne d'être parents (si on a fait trois enfants, ce n'est pas pour rien!), on a l'impression d'être faits pour ça, on trouve un plaisir fou dans ce choix de vie, et on aime adapter notre vie à l'arrivée et à la présence de chacun d'eux.


Alors, pour répondre par avance à d'éventuelles objections... je précise tout de même aussi que faire ce travail d'acceptation, de zénitude, être épanouie en tant que mère n'empêche pas du tout de craquer, de râler, d'en avoir marre à la fin de la journée, certains jours.

Je travaille pas mal sur le fait d'essayer de ne pas me noyer dans un verre d'eau, de ne pas passer mon temps à crier... notamment parce que c'est complètement inefficace, et pour préserver mon énergie (la rationalisation, encore!), mais j'accepte aussi quand ça a besoin de sortir!
Je ne suis pas très fan des principes à la mode, rigides et culpabilisants selon moi, "d'éducation bienveillante" (j'expliquais ça dans ce billet): je crois qu'il faut se fier à son bon sens, et ne pas trop se brider non-plus.
La vraie vie, ce n'est pas d'avoir une maman toujours calme, douce et d'humeur égale. C'est aussi des moments de grosse fatigue, des moments où on crie, des moments où les enfants font n'importe quoi tous en même temps et où on a envie d'hurler HEEEEELP!
Il m'arrive régulièrement (pas trop souvent, j'essaie de me maîtriser!) de jurer à haute-voix, par exemple, et même si je ne suis pas hyper fière, parfois, ça fait aussi du bien de jurer comme une charretière (au fond, je prends un malin plaisir à utiliser toutes sortes de noms d'oiseaux, de figures imagées et d'images un peu trash. Eh puis le langage fleuri, ça fait aussi partie de la langue française, merde! j'essaie juste d'attendre que les enfants soient dans une autre pièce pour laisser libre cours à ma grossièreté -sauf en voiture, où, c'est plus fort que moi, je vois des prostitués partout-). Notamment dans les moments de grande tension comme les repas, par exemple, où j'ai parfois plus l'impression d'être une fermière ravagée par la fatigue, nourrissant ses trois petits porcelets crasseux, que d'être Jean-François Piège peinard, dans sa cuisine rutilante, avec 10 gars sous ses ordres.

et là, vous pensez au magnifique spectacle "madame Foresti", avec le sketch génial sur les "mères calmes" à la sortie de l'école...
Ce passage est hilarant, mais je n'ai jamais trop aimé cette dichotomie, quand elle est prise au premier degré, entre d'un côté les mères parfaites, de l'autre les mères indignes. Je crois qu'on est toutes ces deux mères à la fois, avec un aspect qui s'exprime plus qu'un autre, à un moment de la journée. On essaie toutes (à quelques exceptions près) de faire au mieux pour nos enfants... et on a toutes nos moments où on craque! Je sais que, d'après ce que me disent mes copines, je suis vue comme la "mère calme", toujours assez zen et cool. Mais en vrai, à la maison, je crie, je hurle, comme toute mère normalement constituée! J'essaie, pour le bien-être de la communauté, d'entrecouper ça de courts moments de silence, tout de même, hé hé.




Ah et oui, parlons-en, des repas! 
les repas, clairement, ce ne sont pas les moments qui m'éclatent le plus. Avec des enfants encore assez petits, à moins d'avoir une bonne à la maison, il est pour moi assez difficile de déguster tranquillement mon plat en ressentant du plaisir, discuter politique et spiritualité, tout en assurant le service, le ramassage de riz jeté au sol, le crachat de la petite dernière et le verre renversé, le tout, sans avoir un gros nœud à l'estomac à la fin du repas (1mn 10 après le début, donc).
Pour remédier à cela, et même si les manuels d'éducation recommandent le repas partagé en famille, on mange entre adultes, séparément des enfants. Dinant vers 21h, ça nous arrange plutôt...
Mais disons que, pour notre santé mentale, on préfère partager notre repas "de grands", avec un bon verre de vin et des plats un peu sympa, pour pouvoir, surtout, discuter tranquillement.

Cette anecdote du repas, c'est simplement un exemple visant à exprimer une chose qui me parait importante: on ne peut pas être bon partout, parfait en tout.
Pour nous, c'est les repas qu'on aime prendre en amoureux... pour d'autres, ce sera autre chose qui sera privilégié.
Il faut savoir connaitre ses limites, ses zones d'incompétences, et les déléguer... et savoir aussi se faire plaisir entre adultes, sans que les enfants soient systématiquement le centre de tout! Le couple existe encore, et pour le faire tenir, il me parait important de toujours le privilégier, de ne pas le laisser se noyer dans la vie de famille... (gros dossier, là aussi!).


J'ai plein de "défauts", ou disons, de "lacunes": je ne suis pas fan des jeux de société, par exemple. je n'ai jamais trop aimé les jeux de cartes, j'ai toujours été, enfant et adulte, plutôt "indépendante" dans mes hobbies. Mais je trouve que les jeux de société sont un super truc pour développer l'esprit sportif, la sociabilité, le fair-play, la stratégie, le calcul... Quel n'est pas mon plaisir, donc, de déléguer ce domaine à Jean-Chou, qui lui, adore ça! parties d'échecs, Uno, Bonne-Paye et autre Mille-Bornes n'ont plus de secrets pour les enfants, et je ne culpabilise pas de ne pas souvent y prendre part.

 Je développe plein de choses avec les enfants autour de ce qui me plait, à moi (dessin, lecture, écriture, travaux manuels, créativité en tous genres... ma fille suivant mon chemin de très près!). Idem pour jean-Chou.
On ne peut pas être partout, tout leur offrir, tout leur faire-faire.
Notamment avec 3 enfants!

J'évolue aussi sur un sujet: celui des émotions de mes enfants, et de mes émotions de mère, par ricochet. J'avais écrit un billet sur ce thème. 
C'est quelque chose qui a une énorme importance dans la vie de famille. Il y a toujours au moins 1/3 des enfants qui a mal quelque part, qui chouine, qui s'est disputé avec un autre, qui a une angoisse, qui veut des explications sur le terrorisme, qui est triste que mamie soit rentrée chez elle, qui n'aime pas les carottes...
Etant relativement sensible, étant une mère, et une nana par la même-occasion... je peux être tentée par l'auto-entretien de la prise de chou, par la confiture de sentiments et les ressassements... j'apprends à mettre les choses un peu de côté, aussi, parfois, à me distancier.
En ce moment, j'apprends notamment à gérer les chagrins de mon aînée, un peu rejetée par celle qui était sa meilleure amie (best-friend-forever-à-la-vie-à-la-mort depuis plusieurs années (évènement qui arrive à toutes les petites filles)... d'un côté je prends à cœur sa douleur, je la prends au sérieux... de l'autre j'essaie de la conseiller, de lui faire prendre un peu de recul (et d'en prendre un peu aussi par la même occasion), sans m'en mêler non-plus... pfiou! Je découvre mes enfants petit à petit, et je me découvre aussi (au passage, gros, gros flash-backs avec ma propre enfance, et toutes ces petites broutilles que j'ai vécues aussi et dont je me souviens bien!)
m'est avis que ça va continuer encore quelques années... (on me dit ce soir dans l'oreillette que, en fait, elles se sont réconciliées aujourd'hui)


J'ai pas mal avancé aussi sur ce lâcher-prise nécessaire quand on a plusieurs enfants:
Il y a des choses qu'on ne peut matériellement pas leur faire-faire; par manque de temps, de logistique, et d'argent.

- Certes, il ne font qu'une activité "officielle" par semaine (le tennis), mais ça m'arrange, car je n'ai pas envie de les surbooker, de les surstimuler le mercredi (on a la chance d'avoir conservé l'ancien rythme scolaire, le mercredi est un jour off et c'est trop, trop bon d'avoir ce petit répit chaque semaine).
j'ai notamment arrêté net le conservatoire de piano l'année dernière, pour cette raison (voir billet ici), et chaque mercredi je pousse un "ouf" de soulagement.
J'aime cette idée d'avoir une journée sans regarder la montre sans-cesse, où les enfants peuvent lire, dessiner, jouer, sans que je sois obligée de les interrompre par un ridicule "dépéchez-vooooous".
Accessoirement, ça m'arrange aussi parce que je ne suis pas taxi (hi hi).

- Certes, avoir trois enfants, ça complique un peu les voyages au bout du monde chaque été ou les vacances au ski (j'ai grandi avec cette grande chance-là, au ski tous les hivers et dans un pays étranger chaque été... j'ai donc un petit travail d'acceptation supplémentaire à opérer sur nos propres limites parentales.
Eh bien, là encore rien de gravissime. On est là pour leur ouvrir l'esprit, et les yeux, en leur proposant plein de petits voyages et activités différents et intéressants: si c'est plus souvent en Europe qu'en Asie, parions que cela ne les rendra pas plus malheureux (et ils auront toute la vie ensuite pour découvrir le monde...)
Et maintenant qu'on n'a plus ce grandiose chalet de ma grand-mère en Haute-Savoie, dans le genre "Coté-Est" dont j'ai profité pendant 20 ans, sans forcément réaliser le privilège que c'était, on se rend compte de ce que peuvent réellement coûter les vacances au ski (gloups!)... et donc, pour le prix, on se dit qu'il y a plein d'autres choses (plus? ;-) passionnantes à faire!

- et Certes encore, on n'a pas encore les moyens d'avoir le logement de nos rêves, celui qui offrirait une chambre par enfant (bon avec trois enfants ça commence à être ambitieux), un atelier pour faire tous mes trafics créatifs, une salle de sport, une situation en centre-ville, vue sur la mer, un jardin bien-sûr, et une piscine tant qu'à faire... et que sais-je encore (en terme de fantasme, l'insatisfaction peut être infinie, n'est-ce pas?)
Eh bien là aussi, ça reste du détail.
Certes, les contraintes matérielles (avoir assez d'argent pour élever correctement ses enfants), c'est important à prendre en compte. En revanche, les arguments seulement "matérialistes", je préfère les rayer de mon logiciel. Ce n'est pas ces choses-là qui rendent nécessairement plus heureux.

Le concept-même de chambre d'enfant n'est déjà pas universel (voir absolument ce livre de photo, Where children Sleep, il fait relativiser!)...  alors je crois qu'il est inutile de se faire du mouron à l'idée que nos enfants seront, au maximum, deux par chambre (et quand on les entend, c'est à croire qu'ils adorent çà, partager leur chambre)
Un jour, nous aurons un appartement plus grand (même si le notre est déjà 2 fois plus grand que celui qu'on aurait pu se payer en restant à Paris), mais en attendant, on préfère profiter un peu de la vie, offrir des petits voyages aux enfants, que s'endetter jusqu'au cou pendant 29 ans (ce qui, en soi, est un peu absurde...) se mettre à poil chaque trimestre en payant les charges de copro pour la réfection de l'ascenseur (quoi? oui, ça sent le vécu... ), et attendre l'âge de la retraite pour enfin vivre un peu (non mais quelle idée).

Positiver!


Bref. Faire des enfants c'est faire des choix... et les assumer.
L'idée d'accepter de ne pas être "parfait" (qu'est-ce que c'est, d'ailleurs, un parent parfait?), de ne pas pouvoir TOUT offrir à ses enfants sur un plateau d'argent (une grande maison, des voyages, des parents hyper-présents, absolument ravis du matin au soir de ranger des Lego qui traînent, des cours de musique, du sport, des jouets...) me parait d'ailleurs assez saine, assez lucide. C'est la vie, tout simplement.
Je crois qu'on est d'abord là pour élever ces enfants, leur donner le maximum de clés pour se débrouiller plus tard, et, encore plus important, leur fabriquer des souvenirs... pas pour les couvrir de biens matériels, devancer leurs moindres besoins, répondre à chacune de leurs demandes.

Voilà.... Ce petit bilan pourrait être encore plus long, mais je vais m'arrêter là, sinon personne ne viendra le lire!
et comme souvent, si j'écris ici, pour faire le point régulièrement, c'est pour le plaisir et la curiosité de revenir lire ça, dans quelques mois, années.


Peut-être que ce texte vous inspirera des réflexions... dans quelle phase êtes-vous de votre vie de parents?


7 commentaires:

  1. J'aime beaucoup tes bilans. Je devrais faire pareil, ne serait-ce que pour me souvenir, le temps passant tellement vite! J'ai aussi adoré celui de Marie des Mamanstestent. Pour ma part, j'apprends encore à devenir la maman de 3 enfants. IL y a beaucoup de ratés, beaucoup de cris et de fatigue mais aussi des jours où tout se passe bien, où je "gère" et où je me dis que ça va le faire (en même temps, ai-je le choix?). Hâte qu'elles grandissent un peu quand même car l'écart d'âge joue pour beaucoup dans tout ça!

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  2. Tres beau texte qui me parle beaucoup. Surtout quand tu dis que tu semblais etre toujours en lutte avec ton 1er enfant c'est exactement ça! Avec mes 3 enfants je vis le moment present tout simplement. J ai tellement evolué. Il y a des merveilleux moments des moments difficiles mais je relativises mieux.. Mais pour les repas nous on les prends avec nos enfants c'est harde parfois mais j'ai moi meme ete elevé comme ça et j aime ca. On ne peut pas tout leur offrir c'est vrai et chaque parent a sa facon de vivre et ses priorités. On ne voyage pas. on essaie de partir au moins en été a la mer. Mais pour nous la priorité etait d'avoir notre maison avec jardin et mon homme est en train de bosser dur pour que ds quelques mois nos enfants aient chacun leur chambre , on en a envie :-) je me sens de plus en plus epanouie ma petite derniere a 18 mois elle a ete un bebe tres calme . Et la elle commence a s' affirmer mais je me sens plus libre que quand ils etaient bebes. On fait de notre mieux pour eux. Les elever,leur fabriquer des souvenirs oui tout a fait :-)

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  3. Woaw!! Ce texte m'a beaucoup touché! J'ai deux enfants, et suis en pleine période de remise en question : je crie trop/je me sens submergée/je veux passer du temps avec mes enfants mais je n'ai pas l'impression de profiter de ce temps... Bref, ce que tu dis m'a fait beaucoup de bien, tu remets les choses à leur juste place et pointe du doigt l'essentiel. Merci beaucoup!

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  4. C'est exactement ça!! On évolue énormément avec les enfants.. J'étais aussi complètement paniquée au début quand mon homme partait 2 jours, et maintenant, c'est (enfin presque..) "finger in the nose"!! J'étais aussi complètement désorganisée et je me trouve incroyablement changée, que ce soit sur les repas, le rangement etc.. Ce n'est pas encore parfait et ça ne le sera jamais, mais c'est déjà beaucoup mieux. J'ai très envie d'un troisième et j'ai aussi fait le deuil de la jeune fille au pair, de la 3ème chambre d'enfant,de la 2ème voiture et des vacances au ski tous les ans... On a déjà beaucoup de chance comme ça. Moi non plus je ne travaille pas, ( enfin je ne rapporte pas de salaire économiquement parlant) mais j'ai repris des études de médecine. Pour l'instant c'est assez super car ça me laisse du temps pour les enfants mais on verra si ça peut continuer ou pas car il est hors de question qu'ils se tapent le centre matin et soir ou qu'ils aient une vie stressante à cause de mon ambition de soif d'apprendre d'adulte. Mais heureusement le monde médical change, donc j'aurais peut être la chance de combiner médecine et famille sans frustrations. En tous cas Merci pour ce témoignage, ça fait du bien d'entendre parler des mamans au foyer qui l'assument vraiment!!

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  5. J'aime beaucoup ton texte, tout en douceur et en acceptation. Lorsque l'on fait le choix d'avoir des enfants, il me semble nécessaire d'avoir davantage recours au lâcher prise, un minimum. Nous partageons encore les repas en famille, mais comme toi, je trouve cela épuisant !

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  6. Chère Marine,

    Je me dis qu'il faut que je vous le dise (ça doit être l'effet j'ai-bu-deux-verres-de-vin-au-coin-du-feu) : vos posts me réconfortent profondément. Je suis tombée sur vous par hasard, et j'y reviens régulièrement. Et là, paf, coup de mou dans ma vie de femme-au-foyer-mais-qui-pourrait-faire-une-jolie-carrière, et je file vous retrouver, voir ce que vous avez écrit depuis la dernière fois. Je tombe sur cet article, dont la bienveillance me touche tellement. On a parfois tellement de mal à avoir cette maturité, arrêter juste de se flageller en permanence ! Je suis mère de trois enfants rapprochés, en province aussi, et j'admire vos 'progrès'. Continuez à partager tout cela, je reviendrai ;-)

    Agathe

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    1. Merci beaucoup Agathe! Ça fait chaud au cœur des commentaires comme celui-ci. Promis, je continuerai à écrire :-)

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