vendredi 22 avril 2016

Trois enfants, 8 ans, 5 ans 1/2, 2 ans 1/2: petit bilan



Voilà un moment que je n'avais pas pris le temps de faire un petit bilan maternel... (je suis aussi à la bourre sur la rubrique "petits bonheurs", le temps passe, il y a tellement de petits bonheurs, les photos s'accumulent sur mon compte Instagram... ça m'angoisse! -ou presque-)

Après cette fabuleuse semaine de vacances en famille dans le Luberon, nous avons passé une semaine à la maison... et les enfants ont repris l'école lundi.





Mon ainée, 8 ans dans quelques jours:

Que dire sur cette petite puce d'amour? On en est fan. Cet âge est vraiment merveilleux... on discute, posément, elle participe aux activités de la maison... elle apprend à coudre avec moi, lit, lit, lit des heures et des heures chaque jour... (un jour je vous fais un petit billet sur les tonnes de bouquins jeunesse qui s'accumulent à la maison)
Elle travaille super bien en classe, et fait ses devoirs en toute autonomie. Chaque soir, elle a du travail écrit, de la lecture, et une leçon à apprendre pour le lendemain. Sa maîtresse est exigeante, férue d'histoire et de sciences, elle les éveille beaucoup. Je suis régulièrement étonnée devant le niveau d'exigence en CE1: la maîtresse prend ses élèves pour des petits êtres intelligents et curieux, capables d'apprendre, de fournir des efforts et de travailler, et elle a raison. Du Guesclin, Jeanne d'Arc, la vaccination, la composition du raison, les nazis ou Charles VII n'ont -quasiment- plus de secrets pour nous... ainsi que les tables de multiplication, les poésies (le monologue d'Harpagon, de Molière...) ou même la déclinaison de Rosa, en latin, apprise sous forme de chanson...
Une leçon en amène une autre... et finalement tout ce "travail" n'est qu'un prétexte pour leur donner, avant tout, le gout de la découverte et de l'apprentissage. Cette maîtresse est aimée de ses élèves, et ses méthodes fonctionnent vraiment bien avec ma fille. Je n'ai donc pas à me plaindre.

Elle change, ma grande... elle abandonne son corps et son visage de petit enfant...
Elle passe aussi ses journées à nous poser mille questions. La lavande est-elle une plante vivace? Combien de temps vit un lavandin? Et le premier homme sur terre, qui s'en occupait quand il était bébé? On pourrait inviter François Hollande à diner?
Parfois, je lui explique que je n'ai pas réponse à tout, et qu'elle peut aussi aller chercher dans le dictionnaire...

C'est une grande sœur patiente et attentionnée, qui s'éclate toujours autant avec son frère... à qui elle dit qu'elle l'aime, régulièrement. Ils passent des heures ensemble à jouer, à la maitresse, au Uno, aux jeux de société, aux Lego, notamment le vendredi et le samedi soir quand ils ont le droit de veiller.
Elle est assez compétitive, aime se donner à fond dans des activités... pas spécialement pour être meilleure que les autres, mais pour se dépasser: elle va régulièrement courir avec son père, et revient emplie de fierté... elle s'éclate au tennis, aime découvrir les sports de balle, collectifs... et se passionne, comme son père, pour le biathlon à la télé (oui, elle veut aller vivre à la montagne pour devenir biathlète...) et comme sa grand-mère maternelle et son père, pour le tennis! (elle était à fond sur la finale du tournoi de Monte-Carlo)

Elle reste toujours cette aînée, en laquelle je me retrouve beaucoup, petite: sensible, exigeante, avec une vie intérieure très riche, débordant d'émotions, d'envies, de projets, de rêves... fatigante, parfois, aussi, car il faut encore l'aider, parfois, à canaliser ce trop plein, à trouver une occupation "calme" qui l'aidera à reposer son esprit dans la journée.
Je l'aide énormément à trouver sa nourriture de l'esprit... toujours dans cette optique qui m'est chère: lui apprendre à s'occuper par elle-même, à ne pas considérer l'ennui comme négatif, et à ne pas dépendre des gens, des divertissements extérieurs ou des objets pour se sentir en plénitude.
Elle aime passer du temps à écrire des histoires, je l'encourage aussi à travailler de ses mains, car je sais à quel point cela repose l'esprit et aide à réfléchir. Comme moi, elle fabrique, dessine et coud. Et j'adore la voir absorbée par ça, je considère que c'est un vrai cadeau que de savoir faire quelque,chose de ses dix doigts.


Mon fils, 5 ans et demi:

Il avance, discrètement mais tranquillement... Mon fils, mon chat, mon petit yogi... toujours aussi câlin, aussi cool et sympa. Un petit gars qui n'est pas dans le conflit, pas bagarreur, calme. Blagueur, sympa. Entouré de ses fidèles potes (que j'aime bien aussi, des bons petits gars). S'il continue sur cette ligne il pourrait devenir un gars vraiment cool.
 Je pense que d'être entouré de deux sœurs doit pas mal influencer sa personnalité. Il est très doux et protecteur avec ses sœurs, spécialement avec la plus petite (qui le martyrise pourtant régulièrement!).

Comme je le dis souvent, mon fils vit Lego, respire Lego, rêve Lego. C'est un vrai cliché de mec... Pas très bavard sur ses sentiments ou le déroulement de ses journées (je peux toujours aller me brosser pour savoir ce qu'il a fait en classe!), fasciné depuis tout petit par les engins, moteurs, engrenages et autres machins précis ultra-techniques. Sujets qui composent environ 95% de ses conversations et qui, je précise, ne me passionnent pas outre mesure, ha ha.. Mais j'essaie d'être bonne comédienne (parfois je me demande tout de même de quoi seront faites mes discussions avec mon fils, plus tard...)
Il ressemble pas mal à mon petit frère, qui a toujours été très doué, aujourd'hui ingénieur (mais pas seulement!) et qui a toujours ses Lego technic sur son étagère d'enfant... qui est évidemment déifié par mon fils!
Quand je n'en peux plus de répondre à ses questions sur la mécanique ou autres principes de gravité cosmique ou quantique (dois-je rappeler que j'ai toujours été une quiche dans ces horribles matières-là?), je me fais une joie de compter les jours avant un week-end chez mes parents... mon père faisant aussi partie des types un peu techos, fan des machins à roue, à voile ou à chenilles depuis son plus jeune âge, et possédant, en vrai, des engins tous plus géniaux les uns que les autres.

Bon, j'avoue, pendant cette deuxième semaine de vacances, ou j'étais avec les enfants non-stop, "subissant" les conversations techniques de mon fils pendant plusieurs heures chaque jour, je disais parfois à jean-Chou à la fin de la journée que je ne pouvais plus voir ses Lego en peinture... le côté passionné-geek de mon fils frisant parfois un peu l'obsession.

Sinon, on est très fiers de lui, aussi, car il a fait un stage de natation cette semaine (il en avait fait un l'année dernière mais c'était un peu trop tôt...). Mon fils, c'est un peu la même chose pour tout: contrairement à sa grande sœur, il a un côté pacha, tranquille, il aime bien son petit confort... pour se rendre à une activité nouvelle et inconnue, il faut qu'il ait été un peu convaincu (franchement, pourquoi sortir de son cocon alors qu'on est tranquillement bercé par les douces voix de ses sœurs au sein du gynécée connu et rassurant?), et même stimulé, remué, voir poussé. C'est ce que je fais avec lui... Lorsque je sens qu'il peut s'éclater dans un sport (bon la natation est une obligation, de toutes façons, je lui ai bien dit qu'il n'avait pas le choix), je l'y pousse un peu.

Il a besoin de notre aide pour se confronter à des petits défis... il a besoin de voir dans nos yeux qu'on le considère capable... pour ensuite s'en apercevoir par lui-même.
De petit garçon un peu timoré, peu attiré par l'eau, transi de froid au bout de 15 minutes -mon fils est vraiment tout sec, il n'a pas un gramme de gras- et pas téméraire pour un sou (en gros, en matière de nage, on lui aurait bien prédit un avenir d'enclume!), il s'est métamorphosé, au milieu de la semaine de stage, et grâce à deux trois techniques maternelles inventées sur le moment (promesse de récompense Lego + carreaux de chocolat juste avant la séance + t-shirt en lycra à effet chauffant placebo + encouragements renouvelés), en vrai poisson, hyper à l'aise dans l'eau, fier de lui, réussissant à mettre la tête sous l'eau sans souci, et prenant du plaisir à se dépasser et à se démener pour être le premier dans le couloir de nage!
Le dernier jour, le moniteur m'a dit, devant lui, qu'il se servait de lui comme locomotive dans le groupe, et que ce serait un bon nageur... une super phrase, qui a évidemment boosté sa confiance en lui! Quel bonheur de le voir se transformer petit à petit en garçon qui grandit, qui est fier de montrer qu'il y arrive, et qui n'a pas peur de prendre quelques risques!

Ah, et puis, au fait... on s'est aperçus pendant les vacances de Pâques qu'il savait lire!
Toujours pareil... il a appris dans son coin, discrètement, sans esbroufe... je suis vraiment fan.



Et notre petite dernière, 2 ans et demi:

 Bon, pour résumer, vivre avec un enfant de deux ans et demi, c'est un peu comme partager son appartement avec un colocataire bourré, bi-polaire, maniaco-dépressif, qui viendrait de se faire larguer par sa copine, qui aurait gagné au loto en même temps, qui aurait aussi très très peur des oiseaux, et qui serait aussi docile qu'une poule ou une chèvre tenue en laisse dans un supermarché: cet âge n'a strictement aucun sens.
C'est franchement épuisant... depuis deux semaines on a retiré les barreaux de son lit, et on est en plein dans cette phase transitoire, celle des réveils "surprise": le soir en nous couchant, on ne sait jamais trop si le lendemain commencera à une heure décente (en gros, pas avant 7 heures du matin)... ou pas.
Jean-Chou a pris ce genre de nuits à bras-le-corps: on s'est mis d'accord, il faut qu'on réponde par la "tendre fermeté", et la remettre dans son lit sans circonvolutions ou tentatives de câlins dans notre lit... sinon on va se faire complètement bouffer!
Après trois enfants, l'expérience ne nous aide pas forcément beaucoup plus en terme de techniques... en revanche elle nous apporte plus de recul, plus de calme, de philosophie. On sait qu'il faut en passer par là, que nos premiers enfants nous ont aussi fait endurer cette petite torture mentale, phase indispensable pour qu'ils prennent leur autonomie, pour qu'on se sépare... pour mieux se retrouver ensuite.
Les journées avec elle sont assez dures aussi, cet âge est celui de l'opposition, et notre petit tyran domestique adore agacer ses frère et sœur, piétiner leurs jeux, renverser, casser, se jeter par terre en pleurant... avant de se relever en rigolant, en chantant "ah les crocrocro" et en nous couvrant de mille bisous.
Son côté psychopathe sous crack déteint donc un peu sur nous... puisque nous pouvons passer en une minute de l'énervement suprême au craquage le plus total, quand elle nous fait un sourire mielleux, les joues rougies de sommeil, en revenant d'une bonne sieste. A la maison, l'ambiance est donc survoltée...Jean-Chou et moi, on est un peu des sergents instructeurs sous Tranxène, ou des moines Shaolin sous ecsta. Je pense que, vu de l'extérieur, ça peut faire peur (mais je rassure l'auditoire, avec jean-Chou, c'est notre côté maso... on aime vraiment ça... et on s'aime peut-être encore plus!)

A la fin des vacances j'ai demandé à tout hasard à la crèche s'il ne leur restait pas une journée de halte-garderie supplémentaire pour moi... et on m'a proposé le mercredi!
Je n'aurais pas demandé de moi-même cette journée-là... partant de l'idée un peu fantasmée que le mercredi, c'est une journée à passer tous ensemble (vous la voyez la jolie image de la famille unie qui sort manger une glace bien gentiment et tous en rang le mercredi après-midi? AHAHAH)
Mais en ce moment, c'est tellement difficile pour moi de gérer l'énergie et le dressage (heuh, pardon, l'éducation!) de cette petite puce au milieu de ses frère et sœur qui aspirent à un peu de tranquillité, que j'ai accepté.
Quelle bonne idée... on a passé le premier mercredi de l'année enfin tranquille, avec du silence pour faire les devoirs, pas de cris dans la voiture pour les emmener au tennis, du temps pour que je les regarde jouer, un repas au calme sans nourriture renversée, et une après-midi cool avec mes grands. Je pourrai même les emmener au ciné, ou nager, la prochaine fois... pendant ce temps, ma petite s'éclatait avec ses "popins" et ses "popines", faisait du "boggan", prenait son gouter au soleil et remplissait des tasses avec des pâtes sèches. La vraie vie, quoi.

J'ai une énorme gratitude pour ces journées de halte-garderie dont je bénéficie. Elles me permettent, franchement, de ne pas devenir folle: d'avoir, pendant la semaine, un peu de temps pour moi, pour faire des choses pour moi (et Dieu sait que j'ai toujours mille choses à faire) et pas seulement pour la communauté. De prendre du recul, de me retrouver, de réfléchir, de recharger les batteries. M'extirper un peu du monde, de la vie de famille et de cette course folle pour, simplement, reprendre mon souffle (et aller au yoga, tiens! Pendant les vacances scolaires j'y vais beaucoup moins... je suis en manque!)
Je suis consciente de la chance que j'ai, et je crois que pour faire tourner une fratrie, une famille (nombreuse ou moins nombreuse) correctement, il faut pouvoir avoir ces temps calmes, une organisation permettant de se séparer un peu les uns les autres, pour mieux se retrouver.
Ces petites journées de halte-garderie, ce sont vraiment des petits bonheurs. Avec l'apéro, bien sûr!



 à bientôt pour un prochain bilan... je suis sûre que je relirai celui-ci avec le sourire dans quelque temps.


2 commentaires:

  1. Juste un peu avant mon accouchement, j'avais publié l'un de vos article sur ma page fb "Doit on respecter une jeune accouchée" ... C'était pour dire tout fort ce que je pensais tout bas et ça m'a bien aidé à faire respecter certains choix (ne pas toucher à mon fils à la mater notamment).
    J'adore votre billet que j'ai lu avec un sourire aux lèvres et parfois un petit rire. Merci pour ces bons moments !

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  2. Cela me
    Rappelle
    Des souvenirs ....
    C'est difficile d'être parent je trouve et quand personne ne prend le relai (ni placé en garderie/ni nourrice/ni famille), c'est encore pire...
    S'accorder du temps je dis OUI et ce fut grâce aux baby sitters que j'ai pu ne pas déprimer devant l ampleur de la tâche...
    Quelques années plus tard d'autres tracas mais C est quand même plus simple à gérer je trouver des "grands"!
    Porte Plume

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