mercredi 28 septembre 2016

Etre niçois...
































Tu sais que tu vis à Nice quand la majorité des copains de tes enfants ont, tout comme toi d'ailleurs, un nom de famille italien ou corse.
Que le pare-brise arrière de leur voiture est forcément décoré d'au moins un autocollant Corsica Ferries.
Que tu tartines tes enfants de crème solaire dès le mois de mai, juste après qu'ils se sont lavé les dents et avant de les envoyer à l'école.
Qu'ils ont, fin septembre, toujours la peau dorée, et toute l'année, ces grands yeux méditerranéens en amande, d'un brun si profond.
Qu'ils pourraient se nourrir uniquement d'olives et de socca, que tu les surprends à discuter entre eux le plus sérieusement du monde, à même pas 6 ans -et avec les mains!- de qui, de "Mamma Roma" rue Gioffredo, ou "Paneolio", propose la meilleure pizza... Ou sur quelle plage ils passeront le week-end prochain. 

Que, pour tous, le jour de la fin du chant des cigales, début septembre, est comme un jour de deuil... Mais aussi le signe que les touristes repartent, et qu'on pourra recommencer à vivre et aller à la plage. Septembre-octobre est de toutes façons la meilleure période pour se baigner, et la mer, cristalline, est souvent un tout petit peu plus chaude que l'air.


Qu'à la fin du premier trimestre ils roulent mieux les "r" que toi en chantant leurs comptines en italien. Qu'ils prononcent les fins de mots avec cet accent méridional si reconnaissable, celui que tu avais, toi aussi, petit, et que tu as perdu ensuite en allant vivre ailleurs: les jaune, rose, sauf, et autres mercurochrome, avec, en terminaison, ce son O très ouvert, tirant sur le A.

Qu'ils apprennent Matisse, Chagall, Klein ou Renoir en découvrant leurs œuvres exposées ici-même.
Que les enfants de maternelle portent tous des blouses de couleur, brodées de leur nom.
Que la classe verte (compassion pour la mamma), ce sera, comme pour toi quand tu étais petit, un stage de poney à Valdeblore dans le Mercantour, et qu'il y aura des cours de voile à l'école à la fin de l'année.


Que les mamans sont brunes, décolletées, belles et bronzées, avec toujours ce regard un peu sombre, un peu noir, accompagnées de papas musclés et barbus, mais pas pour faire hipster, juste parce que ce sont des Hommes, des vrais, des Maschi.

 Qu'entre Isola et Auron pour l'hiver, tu sais qu'il faut choisir ton camp. 

Que tu entends régulièrement tes pitchounes s'exclamer, avec l'accent englobant tout un octave, le fameux "maaaalhEEeeeEEEeeur!" dès qu'un moustique-tigre, mi-octobre, les a piqués. 

Que les recettes de la daube, des gnocchi et des barbajuans font partie de leur patrimoine.

Que les soirs d'été, tu peux rencontrer dans la même rue, un cadre en costume qui rentre chez lui après avoir garé sa voiture, un homme en tenue de trail, bâtons à la main, qui rentre de son entrainement sur le Mont-Chauve à dix minutes d'ici, et un père et son fils en tongs, le harpon dans le dos, revenant à pied de la plage de la Réserve, un seau à la main, rempli de poissons.

Que tu as mille souvenirs sur la Prom', que tu y penses chaque jour, mais que tu évites toujours un peu d'y aller. Pas tout de suite. Plus tard.

Que tes enfants, les week-end de février, peuvent faire, en t-shirt, et bien enduits de crème solaire, des châteaux de sable le samedi, et des boules de neige le dimanche.
Que le matin, tôt, en semaine, ou à n'importe quel moment de l'année, tu peux te faire une petite session de kayak au Club Nautique, après avoir déposé les enfants à l'école et avant de commencer ta journée.

Et que les grands-mères des copains sont toutes, ex æquo bien sur, médaillées d'or de confection de pâtes fraîches maison. E viva la nonna.


Nice Nizza Nissa la bella...




 à lire aussi:
Mare Nostrum. Retour au pays natal. 

photos:
une sortie improvisée en kayak, un matin de la fin du mois de septembre, au Club de la Mer.

 

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