mercredi 12 octobre 2016

Trois enfants, 8 ans, 6 ans, bientôt 3 ans: le traditionnel petit bilan de rentrée




Tout comme l'année dernière (et l'année d'avant), j'ai eu envie de me poser un peu pour dresser un petit bilan de rentrée pour mes enfants. Je sais que la rentrée a eu lieu il y a moult semaines déjà, mais  le temps passe de plus en plus vite chaque année...





Mon ainée, 8 ans (CE2):

 Je me répète peut-être par rapport à l'année précédente, mais 8 ans est lui aussi un âge génial.
Mon ainée travaille super bien, vient d'être élue déléguée de classe aux cotés de son meilleur copain.
Elle passe des heures dans ses bouquins. Elle dévore toute la collection d'Astérix, Tintin, après avoir lu une dizaine de Comtesse de Ségur.

Depuis le départ de sa meilleure amie cet été, qui ne s'est pas fait sans douleur (sa sensibilité a été mise à rude épreuve, je me suis même demandé à un moment si elle ne commençait pas à trop broyer du noir), elle me parait assez indépendante; elle n'a pas spécialement remplacé l'âme soeur (une aussi belle amitié est, pour l'instant, irremplaçable). Elle a donc plusieurs copines et copains mais pas spécialement de relation forte unique. Au départ c'est quelque chose qui la fragilisait un peu, mais petit à petit, et grâce en partie à nos conseils, elle réussit à faire de ce manque une force. Cela lui donne plus de liberté, plus de possibilité d'aller et venir dans différents groupes de copains sans qu'elle soit attachée à une unique amie, dans une relation fusionnelle pas forcément positive à 100%.

J'aime constater ce développement de son indépendance. Elle se donne à fond à l'école, s'éclate au sport (elle est inscrite en perfectionnement de natation et en tennis, les deux lui plaisent énormément, et elle a un esprit très compétitif). Elle est curieuse, passionnée... et pour mon plus grand plaisir, bien que coquette et féminine, pas du tout intéressée par la mode, les Violetta et autres trucs girly. on est assez fascinés par cette petite personne en devenir, qui a l'air d'avoir une indépendance d'esprit plutôt encourageante.
Elle est sympa avec ses frère et soeur (même s'ils la gonflent prodigieusement à plusieurs reprises dans une journée), et encore plus avec nous. On trouve qu'elle a un bon esprit: bien que compétitive et exigeante, elle est aussi bonne camarade et n'a pas pour but d'écraser les autres. Elle aime aider, a de la pédagogie avec les plus petits pour les faire progresser.

Mon ainée reste mon ainée, avec toujours cette difficulté pour nous pour la coucher... ses journées ne lui suffisent pas pour tout faire, et il faut toujours un peu lutter pour qu'elle décroche enfin, pour qu'elle cesse de vouloir toujours plus, toujours mieux... et se contente de ce qu'elle a et du moment présent. Même si les choses sont bien plus faciles aujourd'hui qu'il y a encore deux ans.

Je donne sûrement l'impression de faire ses éloges, mais oui, de nos yeux de parents, nous la trouvons vraiment super... et nous savourons ces douces années, par beaucoup d'aspects bien plus simples et intéressantes que la petite enfance, avec la hâte de découvrir quelle jeune fille elle deviendra... mêlée à l'inquiétude évidente de tous les parents devant l'arrivée prochaine de l'adolescence.



Mon fils, 6 ans (CP)

Il se métamorphose à la vitesse de l'éclair. Au début de l'été, alors qu'il avait déjà fait un stage de natation quelques semaines avant, il pleurnichait à l'idée de mettre un orteil dans l'eau. Terrorisé par la piscine, par la nouveauté, par le moniteur... par tout, en fait. Aujourd'hui, il est inscrit dans le même cours de perfectionnement en natation que sa grande soeur. C'est le plus jeune de tous, alors il ne fait pas l'intégralité des 30 longueurs 4 nages, et s'arrête un quart d'heure avant les autres. Mais c'est dire le chemin parcouru!

Depuis le début, et dans tous les domaines, je sais que je dois un peu pousser mon fils. Contrairement à sa grande soeur, il n'a jamais été particulièrement pressé de prendre son envol. Et même si j'ai toujours aimé son côté petit pacha, tout en douceur et en câlins, je m'évertue à le coacher un peu pour toutes les choses de la vie quotidienne qui nécessitent de sortir un peu de sa zone de confort.
Se rendre à son cours de sport le saoule au plus haut point (il fait aussi du tennis, et, à son grand damn, se retrouve quasiment en cours particulier, à la merci du prof, depuis que sa camarade s'est cassé le bras...), il est tellement bien avec ses Lego, au calme, dans son cocon (il légote toujours aussi assidument, c'est son loisir numéro 1)... Mais après s'être un peu remué, après avoir nagé en dos-crawlé ou joué au tennis, il a un tel sourire sur le visage, une telle fierté d'avoir réussi les challenges proposés par les moniteurs, que je sais que c'est ce qu'il lui faut: des petits coups de pieds aux fesses par sa môman.

Pour les petites tâches de la vie quotidienne, il faut aussi le pousser. Aider, débarrasser, sortir de son lit, s'habiller, se laver les dents... on progresse, mais rien de tout ça n'est encore bien naturel pour lui (non non, je n'ai pas dit que c'était parce que c'est un garçon ;-). Soit il ne comprend  pas bien comment réaliser certaines tâches et alors je dois les lui ré-expliquer... soit il se moque carrément de nous, la flemme étant plus forte que tout.

Mon fils, sur plusieurs aspects, nous fascine énormément: pas forcément doué pour la vie pratique, un peu timoré ou angoissé par tout un tas de trucs: la sensation du sable à la plage le hérisse, il a des petites phobies en tous genres de type "peur des fuites dans la salle de bain", peur des tremblements de terre... il est très concerné par mes éternuements ou banales petites toux, s'informe régulièrement de mon état de santé, s'enquiert de mon bien-être, me rappelle régulièrement qu'il tient à moi et qu'il ne veut pas qu'il m'arrive quoi que ce soit. Me fait des déclarations d'amour régulièrement. Il se passionne pour des sujets bien précis, toujours techniques, tels que les diagnostics médicaux (papi à la rescousse!), les engrenages et autres mécanismes. Il se passionne à nouveau pour les dinosaures depuis que je l'ai laissé regarder Jurassic Park.
C'est un grand sensible, qui a beaucoup de vocabulaire et exprime parfaitement et régulièrement ce qu'il ressent... tout en étant un petit gars super cool, gentil, blagueur, entouré de son petit groupe d'irréductibles potes tout aussi cool et marrants (et énergiques) que lui.

Ah, et j'oubliais: depuis le début du CP, il sait déjà parfaitement lire. La maitresse lui a concocté un petit programme personnalisé en lecture pour qu'il ne s'ennuie pas en classe.
Gageons que les deux années passées à faire du graphisme et de la lecture avec sa grande soeur pour "jouer à la maîtresse" n'y sont pas pour rien...

Ce garçon, on se régale aussi à l'observer grandir. Je suis consciente de mon peu d'objectivité en tant que mère-poule vis à vis de mon fils, mais je suis séduite par sa personnalité originale, son bon esprit, sa coolitude (toujours aussi facile à coucher le soir, ce petit gars), et sa façon de comprendre certaines choses, intellectuelles mais aussi relationnelles, en deux temps trois mouvements grâce à un sens de l'observation et de l'analyse que je trouve assez bons (et tant pis si c'est toujours autant une quiche pour nouer des lacets ou porter son assiette de spaghetti bolo sans la renverser sur les rideaux en lin blanc du salon -du vécu. Mais ça va, je rassure les inquiets, avec du savon de Marseille c'est parti-).



Ma benjamine, 3 ans bientôt (Petite Section):

Ah ah! notre benjamine! je vous ai gardé le meilleur pour la fin... Notre tornade, notre Taz, notre joueur de bonneteau sous crack!
Vous ai-je déjà raconté à quel point notre petite dernière était un ravissement du quotidien, enchantait nos jours (et nos nuits), mais était aussi é-pui-sante? Quoi, je dis ça depuis qu'elle est née?
Je me fais souvent la réflexion qu'à sa naissance, souvent écrasée par la fatigue, je m'accrochais à l'idée que tout cela n'a qu'un temps, que la fatigue finit par passer, que les enfants finissent par faire leurs nuits, par se calmer un peu... j'avais mes petites carottes: vivement l'entrée à la halte-garderie, vivement la Petite Section, vivement...
eh bien tout cela est vrai, tout passe. C'est ce que je vous dirai sûrement dans quelque temps. Mais ce n'est pas encore exactement arrivé...

14 mois pour faire ses nuits, puis une année correcte niveau sommeil... et depuis environ 6 mois, tout s'est un peu compliqué. Le passage au lit sans barreaux, le déménagement, les vacances par monts et par vaux, l'entrée à l'école, les attentats sûrement aussi... tout cela a créé un petit mélange explosif, avec pour résultat une petite fille ultra attachante, hyper dynamique, tonique, curieuse, coquine... mais qui redouble d'efforts pour ne pas nous laisser dormir.
Levée à 6h00 environ, elle remue toute la journée pour se coucher vers 20h, nous laisser enfin dîner tranquilles, nous poser un peu... jusqu'à attendre l'heure où nous nous écroulons enfin dans notre lit (toujours trop tard donc) pour décider d'animer un peu le milieu de la nuit. Le moment propice, c'est vraiment son truc.

Cet été, pour les raisons évoquées plus haut, de multiples angoisses la maintenaient éveillée de minuit à 2h, voire 3h du matin... et c'était une vraie torture psychologique pour nous.
Après une heure, voire deux, de lutte chaque soir (c'était autant de temps en moins sur notre soirée/diner) pour réussir à la faire entrer en douceur dans le petit train du sommeil, chaque soir nous nous couchions avec cette petite angoisse dans le ventre: de combien d'heures de sommeil, dans sa grande mansuétude, daignera-t-elle nous gratifier?
Les choses se sont améliorées depuis, mais à force d'efforts répétés et quotidiens, de patience poussée à bout, de crises de nerfs maternelles et d'abnégation dans le couple.

Je suis toujours aussi admirative de Jean-Chou qui a réussi à me faire raison garder à des moments où je me demandais vraiment comment j'allais tenir sur la durée... en retour, je l'ai certainement aidé aussi à récupérer, à garder du recul et à considérer cette épreuve comme un passage momentané. Mais il faut l'avouer: ces derniers mois, on en a chié.

Aujourd'hui, elle se réveille toujours un peu la nuit, on n'est pas encore à 7h de sommeil... mais c'est moins la guerre des nerfs.
L'école a commencé, et cette petite, toute petite puce de même pas trois ans se débrouille comme un chef. Elle fournit beaucoup d'efforts dans la journée pour être une "grande", et la maîtresse m'a dit son étonnement devant sa "maturité" en classe (zéro pleurs à la rentrée, débrouillarde et à l'écoute)... alors je crois que c'est aussi un peu normal qu'elle ait besoin d'exploser en rentrant à la maison le soir.
Elle est encore en plein terrible two, pique des colères, hurle, piétine les jeux de ses frère et soeur... et j'ai toujours la sensation, avec elle, de n'être jamais sereine, de devoir surveiller le lait sur le feu.

C'est un peu frustrant, car ça m'empêche de passer des moments cool avec les plus grands. Même si sur ce point je suis aussi philosophe: je me rappelle très précisément avoir ressenti la même ambivalence vis-à-vis de mon fils quand il était petit, qui m'empêchait d'être disponible pour sa grande soeur. Et puis c'est passé, pour laisser place à une relation géniale entre eux.

Notre petite dernière a beau avoir, par moment, des allures de tyran (je suis consciente que je me fais peut-être plus bouffer sur certaines choses qu'avec l'ainée, par manque de temps et d'énergie), nous fondons chaque jour devant ses multiples talents. Nous mesurons les progrès accomplis par cette petite fille, à qui finalement on en demande, plus ou moins consciemment, toujours plus (trop?) par rapport à son âge, pour qu'elle entre dans le moule de la vie de famille.
Elle veut tout faire comme les grands, veut aider, débarrasser (bon, forcément, ça ne fonctionne pas à tous les coups, comme quand elle a voulu laver les vitres et les écrans à coups de spray de Pouxit -lotion anti-poux bien grasse)...
Elle est dans une période d'amour fou pour ses parents aussi, un peu tiraillée, un peu mélodramatique, mêlée de fusion, de besoins forts d'affection, mais aussi d'indépendance et de séparation... ce n'est pas de tout repos. Ambiance Vaudeville/Roman Russe à la maison.

Etre un petit troisième, c'est quand même super cool sur plein d'aspects (globalement les parents investissent moins le troisième, lui foutent royalement la paix, et donc lui transmettent aussi moins d'exigences et d'anxiété -privilèges de l'aîné-), mais c'est aussi un peu dur, car paradoxalement, même si c'est toujours leur gros bébé, les parents ont moins de temps pour le materner, le choyer. Il faut qu'il se débrouille un peu seul.
Ah et puis un petit troisième, ça voit Jurassic Park à même pas trois ans, hu hu (à cet âge-là l'ainée n'avait vu que quelques morceaux choisis des Zouzous en replay et ne savait pas encore à quoi ressemblait le gout d'un bonbon...)


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Voilà pour ce petit bilan de rentrée... que je relirai sûrement dans un an.

Ces trois petits êtres bien différents et qui grandissent sous le même toit, avec ces parents-là qu'ils n'ont pas choisis... c'est fascinant à regarder.
Avoir trois enfants, c'est vraiment du sport... ça bouge tout le temps, ça crie, sur les trois il y en a toujours un qui a un truc qui cloche, qui est triste ou s'est cogné le petit orteil. Les moments de plénitude partagée sont rares. Mais ce petit côté maso (ça fait quand même plus de 8 ans qu'on a des nuits plus que fragiles) n'est rien par rapport à la joie et à la gaité qu'ils apportent à la vie de famille.

Je crois qu'avoir trois enfants, c'est intégrer aussi l'idée que rien ne sera jamais "parfait", "harmonieux". Inutile d'avoir hâte d'arriver à l'étape d'après, car après, ce seront d'autre difficultés. Avoir trois enfants c'est vivre dans un joyeux bordel, avoir l'impression de n'être jamais assez disponible pour chacun (et de passer sa vie à préparer les repas, aussi), et en même temps constater avec étonnement et bonheur que leur fratrie se nourrit et se soude chaque jour un peu plus, sans forcément besoin de l'intervention directe parentale (même si on est d'accord, c'est un travail parental de longue haleine et dans l'ombre, pour que des frères et soeurs s'entendent bien)

C'est drôle comme avec Jean-Chou, on se dit régulièrement qu'on a progressé vraiment à l'arrivée de chaque enfant supplémentaire. Que ce chemin est passionnant, et qu'on ne regrette pas une seule seconde d'en avoir fait trois, et assez rapprochés. Et qu'on n'ait pas commencé trop vieux, pour avoir le loisir de continuer à désirer l'enfant d'après, le temps de se pencher sur la question pour y réfléchir, s'améliorer en tant que parents. Que trois enfants c'est juste un minimum convenable, en fait.
Car ces efforts paient, et la fatigue, le confort bousculé, les contraintes, ne pèsent pas grand chose par rapport à la vie qui s'est invitée trois fois dans notre foyer (et là si vous voulez, vous pouvez visualiser trois petites têtes blondes qui rient aux éclats au ralenti, mettre les violons en fond sonore, et le petit flou de Happy End qui va bien).

To be continued...





2 commentaires:

  1. Bonjour Marine,

    C'est un plaisir de lire ce nouveau bilan et de relire les anciens. J'aime beaucoup les analyses que tu dissémines dans tes textes, allant au-delà de la simple description de tes enfants. Je vais d'ailleurs faire lire ta conclusion à mon conjoint qui a tendance à toujours être impatient de "l'après", à attendre que les trois se sentent bien en même temps ou soient tous suffisamment autonomes...
    Par ailleurs, je suis interpellée par la phrase "même si on est d'accord, c'est un travail parental de longue haleine et dans l'ombre, pour que des frères et soeurs s'entendent bien" car ici, depuis la rentrée, c'est très compliqué. Mes aînés ont 7 et 5 ans. Jusqu'ici, l'entente était très bonne entre eux,sans qu'on intervienne. Mais désormais, c'est compliqué. Je pense comprendre une des raisons de cette animosité nouvelle: mon fils ayant sauté une classe, il se retrouve dans la même classe que sa soeur (classe à double niveau) et je crois que c'est très pesant pour elle. Comprendre, c'est bien, mais pour l'instant, ça n'allège pas beaucoup notre quotidien! Je suppose que, comme pour le reste, ton mari et toi avez des réflexions, des idées sur comment favoriser l'entente fraternelle alors, si c'est le cas, je t'avoue que je suis preneuse d'idées!
    Je te remercie par avance,
    Sophie

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    1. Je n'ai aucun conseil à donner... et effectivement tu pointes du doigt LE sujet qui crée des tensions... on vivrait la même chose à votre place, je pense.

      Ici, ce qui fonctionne bien pour favoriser l'entente fraternelle au quotidien, sinon, c'est:
      - essayer de donner à chacun de l'attention et un espace "à soi" (c'est théorique mais on peut l'appliquer à travers plein de petits détails)
      - ne pas nous mêler de leurs disputes, mais leur demander de négocier pour trouver un accord entre eux, le plus win-win possible et tenant compte des différences d'âge.
      - limiter au maximum les achats de jouets chers et inutiles, gadgets en tous genres, qui créent des occupations individuelles pas spécialement intelligentes... et donc par conséquence des jalousies/tensions/disputes... pour tenter de favoriser les jeux qualitatifs, les occupations simples voire sommaires (passer du temps dans la nature par exemple, ou à la maison avec des feuilles et des crayons), qui libèrent l'imagination et font tourner les cerveaux à plusieurs 😉
      - quasiment pas d'écrans, on a arrêté les appli sur l'IPad qui étaient générateurs de tension entre eux (et de perte de temps) on met juste un bon film de temps en temps et des dessins animés ponctuellement.

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