lundi 28 novembre 2016

Les primaires de la droite et du centre... et moi et moi et moi.

Moi, dimanche 27 novembre matin... avant d'aller voter (oui, je sais, je ressemble beaucoup à Bernadette Soubirous)



Mon blog n'a pas vocation à être politisé. Je n'ai quasiment rien publié pendant les primaires de la droite et du centre ici (même si le sujet m'a personnellement beaucoup intéressée)

Je n'ai aucune intention de vous gratifier ici de mes grandes et belles idées pour la France, d'une part parce que ce n'est pas la vocation de mon blog au départ, d'autre part parce que je suis, dans ce domaine, plus quelqu'un qui doute que quelqu'un qui a des certitudes (même si, bien sûr, je penche plutôt d'un côté, j'ai aussi des idées qui pourraient être attribuées à l'autre... comme la plupart des français "modérés" et pour l'alternance, je pense), enfin parce que, en règle générale, la politique à tendance à me dégoûter de plus en plus, les militants m'interrogent (même si je respecte vraiment leur engagement quand il est cohérent) les courtisans, les retourneurs de veste et autres opportunistes professionnels, les mêmes qu'on voit depuis trente ans, restent des personnages mystérieux et surtout agaçants pour moi, sans parler des hommes politiques eux-mêmes que je trouve, pour la plupart, et quel que soit leur bord... quasi-psychopathes.
J'ajoute que, globalement, je comprends que les gens votent différemment, que tout cela n'est pas que rationnel, mais a aussi un rapport avec l'héritage, l'éducation, le milieu dans lequel on a grandi... je ne suis pas de ceux qui sont prêts à déployer une énergie monstrueuse pour aller convaincre les autres de lutter contre le Mal pour aller vers le Bien.




NÉANMOINS, et parce que, même si j'ai beau être une française moyenne et discrète sur ce sujet, j'ai quand même quelques idées et opinions, je me permets de partager cet article de Camille Emmanuelle paru sur le site de l'Obs, intitulé sobrement "Cher François Fillon, je vous écris depuis le 21ème siècle, venez nous rejoindre".
Je le partage car c'est selon moi, le type-même de propos qui représente, pour moi, par son côté caricatural voire mensonger (faire de Fillon un candidat "traditionaliste, homophobe, moyen-ageux et anti-avortement" me paraît tellement à côté de la plaque, intellectuellement fragile voire malhonnête, et tout à fait contre-productif) tout ce qui me paraît de plus en plus détestable chez une partie de la gauche (vous savez celle à qui Elisabeth Badinter ne "pardonne pas", celle de la complaisance, de l'entre-soi très privilégié, des beaux quartiers, de l'arrogance teintée de condescendance -à moins que ce soit l'inverse?- qui ne représente qu'elle-même... j'en ai fréquenté beaucoup dans mon ancienne vie parisienne. Je n'en connais plus beaucoup depuis que je vis chez les ploucs)...

Cette micro-société qui prouve à quel point une certaine catégorie de la gauche, pourtant en difficulté aujourd'hui, n'a toujours pas fait son bilan, n'a toujours rien compris à ce qu'attendent beaucoup de Français aujourd'hui, n'a toujours pas compris qu'elle se trompait de combat, n'a toujours pas compris qu'en enjoignant le peuple à "bien voter", cette intolérance idéologique complètement hors-sol est plus qu'exaspérante pour de plus en plus de gens, n'a toujours pas compris les causes du Brexit ou de l'élection de Trump (journalistes, suivez mon regard, je vous mets dans le même sac)

Au passage, la vie des gens n'est pas faite que de sexe, de culottes, de recherche de mères porteuses et de libertinage (je réagis ici à l'article paru sur l'Obs, plaçant l'hédonisme comme valeur suprême). Choquer le bourgeois est toujours amusant, mais ça n'a rien de révolutionnaire, c'est même un divertissement quasi-ancestral voire préhistorique... et surtout... ca ne suffit pas à faire un programme.

La vie des gens est faite de fins de mois à boucler, d'enfants à élever et à protéger, de valeurs à transmettre, d'un cadre rassurant à leur apporter, de familles à consolider, de travail à trouver et à garder, de salaires à faire augmenter/égaliser avec les hommes, de menace islamiste et de risque terroriste. La France n'est pas exactement la même chose que Paris intra-muros.

Pour le reste, évidemment -et heureusement- que l'avortement n'est pas remis en cause, évidemment que le mariage homo n'est pas remis en cause tant il est passé dans les moeurs aujourd'hui (les soutiens "manif pour tous" ne représentent pas la majorité), on peut aussi penser que l'adoption par les couples homo ne sera pas remise en cause (Fillon sera le candidat fédérateur de l'ensemble de la droite et du centre, soutiens d'Alain Juppé y compris, il s'assouplira peut-être sur l'adoption plénière)... les articles et rumeurs prétendant le contraire me paraissent disproportionnés.
Le fait que François Fillon ait déclaré ne pas être, "à tire personnel", pour l'avortement pour des raisons liées à sa foi et à sa conscience ne me parait pas nécessairement être un problème (et c'est même très respectable) puisqu'il reste pour l'avortement pour la société entière. Cela me semble même être une preuve d'ouverture d'esprit, de faire passer l'intérêt général avant le sien propre.

Il y a donc des programmes intelligents et des personnalités que je trouve plutôt dignes, non dénuées de nuances et de fond, capables de hauteur, à droite bien sur après le succès de ces primaires qui ont permis de mieux connaître certaines personnalités et leurs programmes (elles m'ont personnellement permis d'affiner mes idées), ainsi qu'au centre (j'attends d'entendre Macron avec impatience, je le trouve intéressant) et à gauche (bon là, j'avoue, j'attends de voir quel zébulon sortira de la boite).... pour ne pas à tomber aussi bas que cet article. 

Selon moi, certains se focalisent sur une prétendue remise en question de l'avortement (ce qui me parait être le résultat d'un véritable enfumage médiatique), ce qui fausse et appauvrit l'argumentaire, au lieu de s'intéresser à ce qui fait l'intérêt des débats et des programmes (économie, etc).
Ce sera sur ces sujets-là que j'aurais envie de me faire mon idée. Pas sur le fait de savoir si Macron a une femme plus âgée que lui ou si Fillon va à la messe certains dimanches. On verra ce que proposera "En Marche" en face, et s'il y aura des primaires à gauche... Mais une chose est sûre, à moins que la France connaisse rapidement le plein emploi et une belle croissance, on ne pourra pas continuer sur le même modèle.... et le système des primaires me parait être un garde-fou efficace pour contrer les idées extrêmes.

Au lieu donc de tirer vers le bas le débat par des propos mensongers et caricaturaux, voire insultants, je pense qu'on pourrait se donner un petit coup de pied aux fesses et débattre, sur le fond, avec des arguments valables et intelligibles.
Les résultats de la primaire de droite me paraissent être un signal positif, celui que la démocratie fonctionne bien dans ce pays et le signe que les français ont envie de participer à la vie politique.

(Et n'oublions pas que Marine Le Pen se tait toujours, pendant ce temps-là, et compte son temps de parole CSA -tres en retard par rapport aux autres candidats- qu'elle va devoir rattraper...)

Ce texte un chouilla engagé (quoique, on a vu plus militant ;-), qui a surtout pour but de poser des questions quant au traitement médiatique des discours des uns et des autres, plutôt que d'apporter des réponses toutes faites et de "vérité" sur le fond des idées, n'engage bien sur que moi... il m'attirera peut-être les foudres d'un certain côté, et l'adulation de l'autre (bon pour être tout à fait lucide je pense qu'il ne créera surtout ni l'un ni l'autre ;-) mais je fatigue un peu de lire ça et là soit des propos caricaturés et transformés à des fins de propagande, soit des billets de blogs éthérés et angéliques à l'extrême. 
Et puis, je n'ai pas de camelote à vendre, ici, alors autant profiter un peu de cette liberté pour essayer de réfléchir un peu.


Bien à vous,

Marine (pas celle de Jean-Marie, hein), vivant dans un fief neo-fasciste (à Nice, quoi), mère de famille nombreuse au foyer et pâlotte (la faible chaleur de l'âtre peinant à me redonner bonne mine), soumise à son mari autoritaire et rigide (et a sa belle-famille aussi, bien sûr!), maquillée au Monsavon, dame patronnesse traditionaliste qui ne raterait les vêpres pour rien au monde (d'ailleurs 18h approche, il va falloir que j'enfile mon serre-tête), élevant ses enfants -en latin- dans la haine et le mépris de la différence, le dégoût des choses du corps ("tu ne t'épileras point" est mon 11ème commandement) et le respect strict des traditions et de la décoration de la crèche de Noël -j'ai dit l'Ange Gabriel au fond à droite, bordel!-, et ne daignant avoir une relation amicale avec les gens uniquement après s'être (r)assurée qu'ils sont hétérosexuels, critère nécessaire mais non-suffisant, à compléter par la vérification d'une pratique de la contraception naturelle, ainsi que la possession d'un Grand C4 Picasso -7 places minimum pour une bétaillère à cathos digne de de ce nom, in-dis-pen-sable pour y ranger les gourdes en fer blanc- et surtout qu'ils se sont signés ET lavé les fesses apres avoir pratiqué la position réglementaire du missionnaire, la seule admise en période d'ovulation. D'ailleurs la mienne approche, je vais mettre une jolie jupe courte tartan longueur mi-mollet pour émoustiller Jean-Chou, qui ne devrait pas tarder à revenir de la chasse (c'est notre petit nom de code à nous pour ne pas heurter les enfants quand il rentre de son hobby du lundi soir, le "licenciement massif") . Et bien d'autres choses encore... Je m'éparpillerais si je vous disais que j'aime lui susurrer quelques jurons avant d'être honorée de ma saillie mensuelle... savez-vous ce que veux dire "Zemmour-moi" dans notre patois secret? oh non, je crois que je m'égare.... une prochaine fois, peut-être! (j'ai un billet sur les bienfaits du cierge en préparation).

28 commentaires:

  1. Pourquoi ce billet Marine ?

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    1. Heuh... je pense avoir donné deux ou trois arguments, précisément dans ce billlet, non?
      (Ou alors, explique moi un peu plus pourquoi cette question! 😉)

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  2. Bizarre, bizarre... Ce billet!

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    1. Bon déjà que c'est anonyme... si ce commentaire pouvait être argumenté, ca m'aiderait! Vraiment!

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  3. Très bien dit, et bien pensé. Je suis triste de voir comme les gens se laissent manipuler par les médiats et leur façon de faire de faux débat, sur des choses inutiles et non prioritaires, et qui permet à nos chers amis politique de passer ce qu'ils veulent, quand ils le veulent, et à la barbe et au nez de la populasse.
    Bref, en tant que bonne plouc, je vais aller attiser l'âtre avant d'aller me mettre au lit...
    Merci pour cet article, que j'ai vraiment apprécié de lire.

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  4. J'ai bien ri en lisant ton dernier paragraphe. Tu manies l'ironie avec talent!

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    1. Huhu! Où vois-tu de l'ironie voyons? Je n'ai fait que m'inspirer de la vie réelle... 😉

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  5. Pour le coté caricature sur les moeurs concernant Fillon on est bien d'accord, et il s'agit bien entendu d'une manip de diabolisation d'entre 2 tours de primaire tout à fait injuste. En revanche, espérer la fin de la paupérisation du peuple et un fonctionnement social meilleur pour tous, avec un Fillon très très libéral (depuis quand le libéralisme économique enrichit les pauvres?), adepte entre autres de la suppression de la sécu, la baisse de l'ISF pour ne prendre que quelques exemple, là quelque chose m'échappe Marine...mon entendement ne peut plus suivre...

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    1. On parle de "casse sociale", mais en quoi les politiques successives précédentes ont elles réussi? "Suppression de la sécu" me paraît être un gros raccourci sachant que les mutuelles existent déjà et prennent déjà beaucoup de remboursements à leur compte... et que les personnes les plus pauvres et les plus faibles seront protégées par un plancher.
      Le but étant au final de mieux rembourser.
      Ce que j'ai du mal à saisir, moi, c'est qu'il y a une dette abyssale de la sécu, il faut bien réfléchir à des façons de faire des économies, non? Ceux qui prétendent dans leurs programmes pouvoir se passer de devoir faire des réductions budgétaires pendant le prochain mandat me paraissent plutôt irresponsables et surtout, populistes...
      On est tous pareil on aimerait qu'il n'y ait pas de dette. Mais quelle est la meilleure attitude? Faire l'autruche, et apres moi le déluge... ou prendre le sujet à bras le corps avant que nos enfants en payent les conséquences?
      Je sais bien que deux théories opposées s'affrontent... et qu'il n'y a pas de solution miracle. Mais j'ai du mal avec le discours "ne changeons rien, n'essayons rien". Ce n'est pas comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes...

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    2. Comme Milky, je suis d'accord pour dire que le PS n'a rien fait de bien (parce qu'il a fait une politique de droite) et que tu décris me semble des arrangements à court terme, aux conséquences bien désatreuses (cf. parallèle Tatcher et la vie des anglais). L'injonction de la réalité me semble faible intellectuellement, comme la realpolitique (si ça t'intéresse il y a un bon bouquin de M. Chollet sur le sujet : "La tyrannie de la réalité"). Cela revient à dire en somme : comment réparer les conséquences de l'ultralibéralisme (libre-échange, déréglementation, mondialisation)? Ben en étant encore plus libéral, le serpent qui se mord la queue en quelques sorte.

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  6. Bravo pour ton blog et ton billet ! Je passe toujours un bon moment à te lire. Je lis beaucoup de choses sur le web et je trouve que c'est vraiment difficile de trouver des informations pertinentes et des débats intéressants. Je te trouve courageuse de partager ton point de vue politique, j'ai du mal à en parler avec mes collègues (qui ne partagent pas forcement mon opinion).

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    1. Merci! Il n'y a pas spécialement de courage à exprimer des idées sommes toutes communes et répandues ;-)

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  7. Tu proposes de réfléchir un peu, je pense que c'est une excellente idée. J'essaie de réfléchir à comment il va faire pour "diminuer le chômage de moitié" tout en supprimant des emplois de fonctionnaires (comme si le personnel hospitalier et enseignant, entre autres, n'était pas déjà en sous-effectif critique) et en revenant aux 39h - même l'Express, qui n'est franchement pas à gauche, souligne que les 35h ont créé des emplois.
    Alors oui, c'est vrai que la création de 16000 nouvelles places de prison, ça occasionnera sans doute des emplois. Mais enfin, FF dit qu'il veut combattre le terrorisme alors qu'il est établi que la prison est un lieu de radicalisation extrêmement efficace : http://www.france24.com/fr/20140602-mehdi-nemmouche-prisons-francaises-terreau-djihad-radicalisation-islamisme
    D'un autre côté, on n'arrive plus à soigner les enfants en détresse psychique, et je suis persuadée que retirer des crédits ici par exemple : http://www.liberation.fr/societe/2015/06/09/les-pedopsychiatres-de-seine-saint-denis-en-detresse_1325279 contribue à fabriquer des déséquilibrés qui plus tard feront rejaillir leur mal-être d'une manière ou d'une autre dans la société (oui, dans le pire des cas, en prenant une arme ou un camion pour tuer leurs concitoyens. Je ne crois pas qu'un seul terroriste ait eu une enfance heureuse et équilibrée. Je veux bien qu'on me donne un contre-exemple, bien sûr).
    Voilà, si je réfléchis, Marine, quelques raisons pour lesquelles je pense que Fillon ne prend pas les problèmes du bon côté. La gauche fait mal son travail, c'est un fait ; mais ce n'est pas pour autant que du coup la droite m'apparaît comme la solution. Loin de là ! Je suis comme toi un peu désespérée par la classe politique dans son ensemble.
    Et je regrette que de la chrétienté de Fillon ne ressortent pas davantage les valeurs de tolérance (envers les familles homosexuelles par exemple) ou d'accueil (des réfugiés de guerre notamment). En fait, si j'étais catholique, je serais furieuse contre lui, à cause de l'image qu'il donne des "siens".

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    1. Pour lutter contre l'islamisme il est clair qu'il n'y a pas de solution miracle mais la répression est tout de même une des premières choses à améliorer à court-terme en augmentant les places de prison.
      Même si évidemment sur le long terme il y a la prévention à mettre en place... avec la fin de l'alimentation du terreau de l'islamisme, c'est à dire en réduisant la pauvreté et les inégalités.

      Apres, deux visions s'affrontent: soit on considère que toujours plus de fonctionnaires (payés comment?) et d'aides sociales pour ceux qui n'ont pas la "chance" de l'être suffira à maintenir un semblant de contentement dans la population... soit on essaie de permettre à plus de gens de trouver un job dans le privé, d'avoir un avenir.
      Il faudrait sortir de cette idéologie un peu poussiéreuse qui voudrait qu'un patron serait forcement un méchant licencieur richissime qui n'aurait que pour but d'exploiter les plus faibles.
      On croise tellement de "petits patrons" qui adoreraient employer un salarié et qui disent clairement "jamais de la vie, c'est trop d'emmerdes"... que faire pour changer ca? Pour les inciter à embaucher?

      J'aimerais que nos enfants n'aient pas pour unique but, dans la vie, de devenir fonctionnaire et d'avoir la sécurité à vie. J'aimerais qu'ils aient le choix et puissent avoir un boulot dans le privé, qu ils aient des perspectives de développement, d'ambition, d'enrichissement, de renouveau et de ré-orientation sans être obligés, pour le faire, de s'expatrier dans les pays plus attractifs comme le font tant de gens autour de nous.
      Il n'y a pas d'un cote les gentils et les méchants... on a tous envie d'un avenir meilleur pour nos enfants. À nos dirigeants de trouver les solutions (nécessitant parfois du courage). Cela peut venir de droite comme de gauche (Macron est dnailleurs assez fort dans son positionnement marketing à ce sujet en voulant sortir des vieilles guéguerres ideologiques partisanes)
      Encore faut il arrêter de se mentir... comment vivre éternellement endettés?

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    2. Mais les prisonniers, ça coûte cher aussi ! Et la droite n'est pas réputée pour jouer la carte de la prévention sur le long terme (quant à réduire la pauvreté et les inégalités, avec des mesures comme la suppression de l'isf...) ; encore une fois, j'admets que la gauche n'a pas assuré non plus. Moi aussi j'aimerais bien que ça change et qu'on essaie d'autres choses, mais en regardant plutôt du côté des scandinaves, pas du côté des américains.
      Et peut-être aussi que si on emprisonnait moins à la légère (genre comme ça : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/11/22/97001-20161122FILWWW00177-3-mois-de-prison-ferme-pour-avoir-vole-un-fromage-car-il-avait-faim.php) on n'aurait pas besoin de nouvelles places. Combien de personnes sont en prison et n'ont rien à y faire, à part nouer des liens avec d'autres délinquants et récidiver une fois sortis ? J'aimerais mieux qu'on réfléchisse à comment mieux réinsérer les gens, et comment leur faire payer différemment leur dette à la société (quand ils ne constituent pas un danger pour celle-ci). D'autant qu'entre prison ferme et sursis, c'est marrant, mais tout le monde n'est pas logé à la même enseigne (à voir absolument : "pourquoi les arabes sont des voleurs ?" : https://www.youtube.com/watch?v=pU-GUN0VjvY)
      Pour démanteler un réseau de terroristes, il y a tout un travail souterrain qui nécessite du temps, du personnel (tiens, des fonctionnaires). Pourtant, je pense qu'on est d'accord, c'est de l'argent utilement dépensé.

      Tu parles d'idéologie poussiéreuse qui diabolise les patrons, mais la vision des fonctionnaires que tu as me paraît également assez caricaturale. Bien entendu, il y a des planqués dans la fonction publique, mais sincèrement, je crois que comme partout, la majorité des gens y a à cœur de bien faire son travail, et de faire un travail qui a du sens. Vu ce qu'ils sont souvent payés d'ailleurs, c'est bien l'avantage principal de bosser dans le service public, le sens.
      Et puis la "sécurité à vie" dont tu sembles penser qu'elle gouverne avant toute autre chose les choix des gens, des tas de gens y renoncent malgré tout (coucou l'éducation nationale). Le monde du travail est dur et violent partout, dans le privé comme dans le public.
      Je suis d'accord avec toi sur le fait qu'il n'y a pas les gentils d'un côté et les méchants de l'autre ; je reviens une seconde sur l'éducation nationale et sur les profs : d'un côté, je trouve que c'est effectivement une mauvaise chose que les gens soient invirables. On se traîne des boulets et des tire-au-flanc qui font honte à la profession. De l'autre, le boulot est mal payé, la formation nulle (au sens de zéro, rien), la pression administrative énorme, et je n'ai jamais vu de gestion des RH aussi merdique. Où est-ce qu'on a le temps et l'envie de se remettre en question et d'évoluer dans ces conditions ?
      Ça veut dire quoi "permettre aux gens de trouver un job dans le privé" ? Si je prends l'exemple des personnels soignants, ils ont largement le choix de bosser dans le public ou dans le privé, vu la pénurie. Ça n'existe pas, un-e infirmier-e au chômage.
      (suite dans un instant)

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    3. Et puis on a vu ce que ça donnait avec Thatcher, de diminuer ce genre de dépenses publiques : réduire le nombre d'agents d'entretien dans les hôpitaux a conduit à une explosion des maladies nosocomiales. Outre que ça fout les jetons à un niveau individuel, choper un staphylocoque doré parce qu'on a économisé sur la javel, ça engendre une démultiplication des coûts ensuite pour la société. Toujours ces économies qui finissent par coûter très cher à tout le monde.
      Je pense que la santé et la justice ne sont pas des domaines qui ont vocation à être rentables. Mais si on souhaite qu'ils ne soient pas trop coûteux, la prévention est le meilleur des investissements.
      Quant aux petits patrons, je ne sais pas. Peut-être qu'on pourrait les aider davantage si les grosses entreprises payaient toutes effectivement leurs impôts, au lieu de faire des tours de passe-passe de ce genre : http://www.lesechos.fr/26/05/2016/lesechos.fr/021968777533_nouvelle-perquisition-chez-mcdonald-s-france-pour-fraude-fiscale-presumee.htm.
      Bon bref c'est long et foutraque, pardon, mais pour résumer : l'argent, je crois qu'on l'a. Mais celui qui n'est pas détourné n'est pas bien utilisé. Trop pour les copains, pas assez pour le bien commun (L'Islande était endettée mais n'a pas renfloué les banques qui l'avaient conduite à la crise, elle)(suivez mon regard)

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    4. Je suis évidemment persuadée que beaucoup de postes de fonctionnaires doivent rester dans ce statut pour des raisons d'indépendance évidente, sont essentiels à notre société, et nécessitent bien plus que 35h de travail par semaine (hospitaliers, magistrats, flics etc...)
      Mais il y a des postes de fonctionnaires qui ne réunissent pas ces critères, c'est à ceux-ci qu'on pense! Collectivités, ville, et même éducation.m nationale... un de nos amis parisiens, énarque, fils de profs, socialiste (et conseiller à un tres haut poste jusqu'à l'année dernière) nous disait lui-même qu'il y avait trop de profs, et trop peu en activité réelle (c'est à dire ni en formation, non en congé, ni en arrêt). Sans vouloir généraliser ou pointer du doigt... il y a quand même quelques pistes à explorer.

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    5. Est-ce qu'il parlait des profs en disponibilité ? Je ne vois pas ce que ça peut être d'autre, ni en formation ni en congé ni en arrêt, et en même temps les fonctionnaires en disponibilité coûtent zéro : ils ne touchent ni salaire, ni chômage, ni indemnité ni chèques-vacances ni rien. L'autre cas de figure est le détachement, mais là même si le prof-qui-n'est-pas-en-activité-réelle gagne de l'argent, cet argent ne provient pas de la poche de son ministère. Bref, je serais curieuse de savoir sur quelles sources, sur quels chiffres il se base, cet ami. Parce que la question a l'air sacrément complexe, si on se penche sur ce rapport parlementaire (déjà vieux de 11 ans, si ton ami a des sources plus récentes, ça m'intéresse), par exemple : http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2215.asp - oh, j'y remarque bien 1000 "remplaçants incapables d'enseigner" et 700 "enseignants en réadaptation" que je suppose effectivement "payés à rien foutre" (pour aller très très vite, parce que j'imagine que ces incapacités d'enseigner recouvrent tout un tas de réalités différentes), mais bon au total, dire qu'il y a trop de profs en se basant sur ces 1700 clampins (à rapporter à l'effectif total de 800 000 profs, à la louche, soit 0.21%), ça ne me paraît pas très solide.

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    6. Quant aux autres fonctionnaires, je ne connais pas assez la situation (les situations plutôt, car j'imagine que ça varie sur le territoire) pour avoir un avis. J'ai seulement l'impression que certains services sont débordés tandis que d'autres se la coulent douce, donc on va dire que c'est pas sur ce point des programmes que je baserai mon vote ;-)

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    7. Bonjour Marine,
      Je reviens sur avoir la "chance" ou pas d'être fonctionnaire...On ne naît pas fonctionnaire, n'est-ce pas, ni salarié du privé, ni chômeur, évidemment!
      Pour être fonctionnaire, il faut passer un concours, souvent un écrit qui éventuellement donne le droit de passer l'épreuve suivante, l'oral. Et quand on a la chance de réussir à être retenu à ce concours, il faut encore trouver un poste, et donc passer des entretiens, devant des recruteurs, chefs de service (tiens, comme dans le privé?). Mais au bout de 3 ans, pffuit! chance perdue! Il faut recommencer et repasser le concours...à croire qu'il faut être stupide pour insister à devenir fonctionnaire tant ils sont méprisés, ou bien jalousés?
      Sabine (fonctionnaire, of course!)

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    8. Quand j'ai employé le mot "chance", c'était avec ironie bien sur! Le statut de fonctionnaire ne provoque en moi ni rage ni envie...je ne me situais pas du tout sur l'émotionnel, plutôt sur le factuel.
      je constate simplement que c'est un graal pour beaucoup de gens et je m'interroge (enfin, j'ai la réponse bien sur, vu le taux de chômage c'est normal que les gens aient envie de ce statut plus sécurisant)

      Je ne sais pas où tu as lu que je critiquais le statut de fonctionnaire... penser qu'il y a des économies à faire dans ce secteur public ne signifie pas forcement qu'on ressente de la haine ou du mépris pour les fonctionnaires!
      (Et puis j'ai des amis fonctionnaires, si si 😉)
      Ce sont simplement des questions pragmatiques...

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  8. En fait c'est toute la partie de ta signature après que tu aies écrit "bien à vous" qui est bizarre. Très drôle mais néanmoins bizarre.
    On dirait que tu as écrit ça en réaction à des critiques que tu aurais reçu pour tes opinions politiques..... C'est le cas ? Pourquoi te parodies tu autant ?

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    1. Je ne me parodie pas (si tu me connaissais tu saisirais le décalage 😉), je me moque de ces caricatures et catégories toutes faites dans lesquelles on classe les électeurs selon leur bord.
      Dans la réalité ces extrêmes existent, mais sont tellement minoritaires, que je trouve agaçant et tellement pas novateur qu'on entende toujours les mêmes poncifs...

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    2. Sans compter que je trouve la stratégie inefficace. On l'a vu avec le Brexit, l'élection de Trump... pendant qu'on accuse les électeurs de la droite classique/centre droit d'être des mangeurs d'enfants fascistes et tueurs d'homosexuels, on laisse tranquillement Marine Le Pen se frotter les mains.
      Je pense que ce n'est pas la bonne façon d'argumenter.

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    3. Pourtant c'est drôle parce que j'aurais mis ma main à couper que 1/ tu serais allée à la primaire de droite, 2/ tu aurais voté pour Fillon, comme quoi certaines choses sont pas mal déterminées et de ce fait prévisibles, et même sans se connaître "pour de vrai"! Cela dit, ce n'empêche tes billets d'être forts intéressants selon les sujets.

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    4. Évidemment que tes suppositions sont normales. On sait à peu près pour qui les gens votent en les observant un peu. Bon et puis je suis niçoise, ca facilite le boulot 😉

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    5. Cela ne m'empêche pas d'écouter France Inter, d'adorer Benjamin Biolay et d'être très souvent en accord avec les critiques cinéma de Télérama 😅

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