vendredi 13 octobre 2017

Famille nombreuse: notre couple, notre vision, nos convictions.




Cela fait quelque temps que je vous gratifie, ici, de mes diverses pensées sur la vie de famille et autres aphorismes bien sentis... Je pense qu'il est temps d'être un peu plus généreuse avec mes lecteurs et de nous mettre à nus, Jean-Chou et moi, en dressant un autoportrait aussi fin que possible.

Comme vous vous en doutez, on ne construit pas une famille nombreuse par hasard: il faut une certaine vision de l'éducation, des convictions fortes, une foi inébranlable.
Fidélité, sincérité, fiabilité, probité, piété. Voici quelques un de nos piliers. Peut-être même y trouverez-vous une inspiration?






Parents de famille nombreuse, peu loquaces, durs à la tâche, aux passions sagement mises de côté, nous veillons à garder une sensualité peu exacerbée, voire enfouie. 

Pour ma part, je suis dotée d'une raie bien nette et d'un pudique tablier "longueur midi" raccommodé sans fantaisie, garantissant à l'ensemble du foyer une tranquillité d'esprit concernant les mœurs maternelles. Vous apprécierez mes robes à la coupe franche et sans vice, sans jeux de volumes inutiles autour du poitrail, ni tissus prétentieux, afféteries de rubans ou coquetteries vulgaires (à l'origine de beaucoup de problèmes de notre société, et de toutes façons, par la grâce de Dieu, introuvables dans notre campagne).

Pour lui, vous noterez un style vestimentaire efficace, très teinté "balbutiements du capitalisme", coupé dans une toile robuste et discrète lui laissant toute l'envergure nécessaire pour se tuer tranquillement à la tâche sans être en proie à de quelconques diversions perverses, telles que la sieste, la lecture de romans, ou pire, la course à pied.

Le regard et la fourche toujours bien affûtés, voilà notre petit secret pour des enfants qui filent doux.
Seul excès admis: un verre de vin doux de Pennsylvanie le soir de l'anniversaire du chef de famille après les vêpres, et quelques noisettes sur le porridge à l'avoine du lendemain matin, pour les enfants.

La sobriété heureuse, en somme.

Nos enfants consacrent le principal de leur temps libre à la récolte de l'orge, pour le compte du Révérend MacMallahan. Celui-ci aime en effet, dans le secret de son grenier, fabriquer de délicieux breuvages à partir de ces céréales locales. Seuls les plus fidèles des fidèles sont invités, parfois, à y goûter. Leur démarche caractéristique, quelques heures après, au sortir de la maison du guide spirituel du village, atteste de l'incroyable pouvoir de ses potions sur nos âmes égarées.

Comme tous leurs camarades, les garçons, à partir de trois ans, sont coiffés d'une coupe au bol. Ainsi débute pour eux une longue période d'apprentissages de base utiles à la vie en communauté, jusqu'à l'âge adulte: 13 ans. Construire un abri de fortune, courir assez vite pour fuir un bison, jurer sur la Bible sans sourciller, ou encore, pour les moins équipés intellectuellement, égorger un cochon.
Les filles, si leur chevelure le permet, sont affublées d'anglaises. Les plus prometteuses et gracieuses d'entre elles sont inscrites au cours de bienséance et de savoir-vivre de Miss Cunningham. Elles y apprennent toutes choses utiles pour la conception puis la gestion d'une famille nombreuse, ambition à laquelle elles savent être à leur tour destinées.
Les autres sont orientées directement vers les options sanitaire/social, comme nettoyer la basse-cour. Les plus douées ont le privilège d'apprendre à vider les cochons.

Conformément aux conseils de Miss Cunningham, j'ai trouvé un mari en misant sur mes atouts: j'ai préféré camoufler mes hanches trop étroites et ma gorge malingre, que sa mère aurait vite fait de critiquer, pour mettre en avant mes sabots bien propres et bien lustrés, l'après-midi du bal annuel. 
Nous avons été unis, le lendemain, par les liens du mariage, par le Révérend MacConnaughey, décédé peu de temps après, d'une cause mystérieuse, dans le grenier du Révérend MacMallahan (paix à son âme)

Un mois par an environ, depuis maintenant une dizaine d'années, je me prépare à l'épreuve du lit. Pour émoustiller Jean-Chou, j'ai pour habitude, pendant les périodes propices, de porter une longue chemise de nuit en coton blanc, simplement fendue à l'endroit adéquat, dont l'ouverture est elle-même surmontée d'une délicate et engageante broderie (réalisée par une lointaine aïeule sourde et muette, qui n'a jamais trouvé de mari mais, pour d'obscures raisons, n'en demeurait pas moins très appréciée des hommes du village) indiquant à l'heureux visiteur: "Tel est le désir de Dieu". 

J'allume un gros cierge pour l'ambiance.
Et tout le reste se fait tout seul. Comme par miracle. 





😌

3 commentaires:

  1. Excellent !!!!!!

    merci pour ce fou rire.

    et on n'oublie pas les chapeaux si beaux des hommes et la coiffe si seyante des femmes :D

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  2. Tu es une grande malade!! J’ai ri!!! 😂😂😂

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  3. Au tout début j'ai eu très peur... Après, j'ai bien rigolé!

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