lundi 22 janvier 2018

Nous deux contre le reste du monde. Entre mer et montagne.



Quatre enfants. Et quatre fois les mêmes étapes à traverser. 

Ce week-end, notre petit dernier a eu six mois. C’était la première fois que je me séparais de lui.
L’expérience me laissait deviner que je n’allais pas le regretter, mais comme à chaque fois, il a fallu que je me prépare psychologiquement. Que je fasse ce petit effort, que je me discipline.
Ambivalente... balançant entre l’impatience de profiter enfin d’une vraie parenthèse à deux, en amoureux... et le manque d’envie de laisser mon tout petit. 
Un peu intimidée, aussi, à l’idée de se retrouver à nouveau en couple, comme avant... n'aurai-je pas perdu le mode d’emploi? 




Alors cette semaine j’ai câliné mon bébé un peu plus que d’habitude, je lui ai expliqué ce qui allait se passer... j’ai envoyé par mail à ses grands-parents le récapitulatif de sa journée-type, j’ai prévu les valises de chacun... J'ai été une mère attentionnée, organisée, concernée, qui anticipe. 

Et puis, un peu plus facilement qu’avant, j’ai réussi à « lâcher ». Rassurée de le savoir avec ses frère et sœurs, certaine qu’il serait entre de bonnes mains, dans la maison qu’ils adorent... convaincue que les moments que je passe avec son père sont à chaque fois essentiels, et que 48h sans cuisine à faire, sans tâches ménagères, me feraient le plus grand bien. 
On ne laisse pas longtemps ni souvent nos enfants, parce qu’on adore voyager avec eux, être avec eux, et aussi parce qu’on n’a, de toutes façons, pas la possibilité de faire plus. Les moments privilégiés à deux sont fréquents, mais rarement longs. Et ça nous convient. 

Alors quand on a l’occasion de se retrouver un tout petit peu, on prend.
 Ce week-end on s’est à nouveau aperçu, comme à chaque fois qu’on a laissé nos bébés pour la première fois, qu’on avait toujours un immense plaisir à être deux. 
Je me suis rassurée, aussi, j'ai vu que je pouvais encore lâcher facilement ma cape de super maman de temps en temps, ce costume qui me plait tant, mais qui est parfois un peu serré aux entournures, celui sur lequel s'impriment les traces du quotidien, qui se rigidifie par moments, malgré moi, sous la rigueur de l'autorité que je suis bien obligée d'user, celui qui me fait parfois réaliser qu'il faut que je me force un peu, maintenant, pour réussir à me souvenir de comment c'était, autrefois, du temps où je ne portais pas l'uniforme des mères, du temps de la légèreté, des non-responsabilités, de la vie juste à deux, des journées vides, du temps extensible... 

On a rigolé comme des gosses, fait des milliards de trucs, parlé de nos enfants, on a regardé le chemin accompli, on s’est dit notre fierté, on a formulé plein de nouveaux projets. Et qu’on n’allait jamais s’ennuyer.

Le plus dur, c'était de commencer à apprendre à laisser mon ainée. Je vois bien qu'avec les autres enfants, avec le temps, avec l'expérience, je sais mieux faire. Je profite plus, je coupe mieux, je dompte mieux mes inquiétudes, je les rationalise très vite, pour lâcher prise et vivre. 
Avec quatre enfants, on a moins de temps qu'avant, moins qu'avec un seul enfant, mais bizarrement, on a l'impression de s'en accorder plus, mieux. C'est un des biens les plus rares et les plus chers, on en a conscience.

 J’aime ces recommencements, ces cycles, ces moments de latence, ces retrouvailles, ces sensations fortes, qui rythment notre vie de couple depuis bientôt dix ans.
Cette parentalité qui prend presque toute la place, qui nous définit en grande partie, qui est notre projet, notre bonheur et notre sacerdoce, ce rôle sans lequel on se dit souvent que notre vie serait immobile, pas assez mise au défi, mais cette parentalité contre laquelle on arrive tout de même à lutter, parfois, régulièrement, pour remettre toujours en bonne place notre couple: c’est à dire en premier. 
Notre couple avant tout, et même avant eux.

Et ne pas "tresser trop tôt les lauriers"... surtout continuer de vouloir le réinventer.









































































































































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Photos: un week-end improvisé dans notre région qu'on aime tant!

Balade dans le vieux Vintimille, jardins botaniques de la Villa Hanbury à Latte (frontière italienne), rando-raquettes à Casterino, dans la vallée de la Roya (Mercantour).

BO: "la femme idéale" de Ben Mazué (dont j'ai piqué le nom d'un morceau pour donner un titre à mon billet), un album magnifique, à écouter en couple.

3 commentaires:

  1. La bonne tarte aux myrtilles de l'auberge Sainte Marie Madeleinemesemble t-il !!??

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  2. Premier commentaire sur ton blog que je suis pourtant depuis 4 ans (tiens, tiens, l'âge de ma fille aînée ;). Merci pour tes articles très vivants, qui résonnent parfois tellement bien avec ce que je vis, d'autres fois pas du tout, mais justement c'est intéressant !
    J'aime beaucoup le dernier CD de Ben Mazué aussi.

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