dimanche 30 décembre 2018

"l'Education approximative" d'Agnès Labbé



Je pense que je suis devenue une blogueuse influente puisque j’ai reçu le livre d’Agnès Labbé. Je vous propose donc une photo de mes pieds, à coté de son livre. Histoire de montrer que même lorsqu’il s’agit de promouvoir le travail d’une autre personne que moi, mon ego n’est jamais loin.

Agnès, vous la connaissez, c’est celle qui a Quatre Enfants. Elle me fait mourir de rire et je me sens très proche de sa vision. 

Même si on éduque toutes nos enfants différemment, je pense qu’on peut s’accorder sur une chose: quand on arrive au point où on commence à avoir trop d’enfants, c’est le moment de commencer à être «détendue du chignon ». De jeter enfin avec l’eau du bain l’idée du bébé idéalisé, de l’enfant parfait et surtout de la maternité 100% contrôlée, maîtrisée, optimisée, réussie, photogénique, sans rien qui dépasse. 




Inutile donc de préciser que mettre à la benne les livres de conseils ultra-rigoureux enjoignant les mères à devenir des robots de la bienveillance ou des Prix Nobel de l’éducation positive vous aidera fortement à ne pas devenir complètement dingue, à refuser de vous laisser ronger par la culpabilité, à ne pas vous faire harakiri avec un couteau de dînette en chuchotant « je suis rien qu’une mèèèèrde! » (rappelez-vous, il ne faut jamais crier pour exprimer ses émotions négatives devant son enfant, car une bonne mère n’est plus une humaine, c’est bien connu) à l’arrivée du moindre tout petit premier caprice ou mauvaise note de votre merveille pourtant parfaitement bienveillée, nourrie au couches lavables, changée au liniment sans gluten, vaccinée à l’Infanrix-hexa homemade (il y a de très bon tutos pour faire votre propre DIY) et éveillée-bilingue aux chants des chœurs de l’armée Rouge.



Bref. Je viens de recevoir le livre, et comme je souscrivais déjà parfaitement au titre et à la quatrième de couverture, et que, par chance, il y avait du rugby hier soir à la télé, je me suis jetée dessus, telle la petite vérole sur le bas-clergé.


Les plus avertis d'entre vous remarqueront qu'entre hier soir et aujourd'hui il ne s'est pas écoulé beaucoup de temps... J’ai donc dévoré son livre.
Inutile de vous en publier quelques extraits... le choix serait trop compliqué, tant j’ai aimé et approuvé chaque page. Sa vision du couple, de l'autorité des adultes, qui sont des piliers essentiels pour pouvoir "gérer" un nombre d'enfants relativement élevé sans se faire tyranniser, et qui sont parfois un peu tabou... l'importance qu'elle donne à l'apéro pour être un parent épanoui, aux coquillettes (sur lesquelles ont peut toujours compter), mais aussi aux preuves d'amour... C’est simple: je suis en phase avec tout! 

L’idée du livre est, non pas de s’opposer à l’éducation bienveillante (qui, à l’origine, est une « méthode » de bon sens et intéressante), mais de répondre avec humour, recul et sagesse à celles qui, trop nombreuses, sur les réseaux sociaux, posant telles des madones, assises dans la forêt en allaitant simultanément leurs triplés (si si, elles y arrivent, elles sont fortes), l'air inspiré avec leur couronne de fleurs, le regard planté vers l'horizon, à qui la maternité réussit parfaitement... s’amusent à galvauder cette théorie pour la transformer en un catalogue d’injonctions ultra-rigides, dramatisant le moindre choix, et, ce faisant, tendant dangereusement vers l’absurde (ou l'inverse).

Le livre est drôle, tendre, vrai, réellement « bienveillant »...

Vous en avez ras-le-chignon des instagrammeuses qui, sous prétexte qu’elles viennent de découvrir la maternité, s’auto-proclament spécialistes de la « bonne » puériculture? Marre des ayatollahs de l’allaitement, du portage en écharpe, des propagandistes de tout poil, qui, sous couvert de simplement vous « informer », finalement vous culpabilisent, en décrétant et jugeant?


Lisez ce livre, et surtout, offrez le aux jeunes mamans perdues. 
Ce livre n’est pas un guide éducatif, il ne promeut aucune méthode; l'allaitement naturel tout comme l'artificiel sont valables, tant qu'ils sont choisis personnellement, assumés, et surtout répondent à une envie et un besoin personnels.

il est un témoignage drôle et émouvant de ce qu’est la vie de famille (a fortiori nombreuse), et comment, grâce à moult adaptations, changements de cap, petites faiblesses et autres redditions parentales plus ou moins glorieuses, on y survit. 
Le but est vraiment là: décomplexer les parents... tout en positivant.

Car c’est évident, si avec un bébé de six mois on brandit déjà, pleine de certitudes, les Tables de la Loi de l’éducation Bienveillante (customisées sur une jolie ardoise grâce à Pinterest), qu’on est déjà hystérique concernant le nombre de grammes de protéines qu’il mangera ou pas, selon les règles strictes de la DME (Diversification Menée par l'Enfant), et qu’on est fermement convaincue que laver, à la main, ses couches en chanvre fera de nous une bonne mère et de lui un futur adulte réussi... on finit à l’HP dans l’année qui suit.


Dans ce livre, on nous rappelle juste que, tout comme un enfant normal se développe et grandit en passant par des crises, des pleurs, des troubles du sommeil et des caprices... une mère est tout à fait normale si elle réagit parfois par des pleurs, des jurons, des cris, des "jenpeuxpluuuuuuus" et des envies de tout planter-là pour aller boire l'apéro peinarde au bar d'en bas. 

On reste humaine après avoir donné la vie... si si.

Le livre nous dit aussi qu’élever des enfants, c’est possible et c’est même un grand bonheur... si on se détend un peu sur tout ça. Toutes ces choses matérielles dont on peut avoir tendance à se faire une montagne... alors qu'elles ne sont que des détails finalement, quand on regarde avec du recul ce dont un enfant a réellement besoin pour bien grandir et être heureux. L'essentiel ne résidant vraiment pas dans la position qu'on lui aura donnée en le portant dans le vieux porte-bébé du diable (i.e; face au monde) que mémé nous aura prêté, le 13 juillet 2017 entre 14 et 17h)... mais dans des "valeurs" humaines un peu plus intéressantes (au hasard, comme les preuves d'amour, le renforcement de la confiance en soi, les expérimentations, la transmission, la fantaisie, l'éducation par l'exemple, les plaisirs de la vie...) , qui rendent d'ailleurs l'aventure de l'éducation passionnante.

Merci Agnès pour ce livre drôle, riche et émouvant. 



PS: le risque dans ce genre d'entreprise étant la redite ou l'aseptisation des propos déjà écrits sur le blog... l'auteur n'est pas du tout tombée dedans. L'esprit et le ton du blog sont parfaitement respectés (et reconnaissables)... mais Agnès apporte vraiment quelque chose de plus. 

PS bis: Je suis plus active sur Instagram que sur le blog, mon compte est ici. J'ai plusieurs rubriques dont celle-ci: #unechambreamoibooks. Vous y trouverez mes lectures en cours, extraits, et commentaires.

PS ter: J'avais été interviewée par Agnès dans sa rubrique sur les mères de quatre enfants... l'article est par ici!













1 commentaire:

  1. J'ai découvert son blog grâce aux publis sur insta cette semaine...j'adore! Et ton résumé du livre ne me donne qu'une envie, celle de foncer chez le libraire mercredi!! Du bon sens, du pragmatisme et de la vraie vie, qu'est ce que ça fait du bien!

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